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Perspectives de l’action de l’État en mer, pour un partenariat
avec le Pays
L’histoire et la géographie ont créé un lien
particulier entre la Polynésie française et la mer.
Peuplés par d’intrépides marins, ses archipels
comptent 121 îles, dont près de la moitié sont
habitées, réparties sur une étendue comparable
à l’Europe, et qui déterminent une zone
économique exclusive de près de 5 millions de km2,
soit la moitié du patrimoine maritime national.
L’essentiel des ressources propres de la
Polynésie française est directement lié à la
mer. Le tourisme est essentiellement balnéaire
et constitue la première ressource
propre de la Polynésie. La perliculture, qui
prospère dans les lagons des îles Sous-le-
Vent et de l’archipel des Tuamotu-Gambier,
constitue la deuxième ressource propre
(environ 10 milliards de Fcfp de CA, et
75 % des exportations). La pêche, qu’elle
soit lagonaire, côtière ou désormais hauturière
constitue enfin la troisième ressource
propre: une cinquantaine de palangriers
étaient actifs en 2007.
Le transport inter-insulaire est assuré par
une trentaine de navires immatriculés au
port de Papeete. Le transport de passagers
concerne 1,7 million de passagers
chaque année, faisant de Papeete le
quatrième port à passagers français. La
plaisance locale se développe rapidement,
alors que la grande plaisance
transocéanique amène près de 700 passages
de voiliers chaque année, concentrés
entre mai et septembre, ainsi qu’un
nombre grandissant de yachts de luxe.
Deux à trois paquebots maintiennent
une activité de croisière locale à partir de
Papeete, alors que la croisière étrangère
représente environ 30 escales dans l’année,
concentrées entre janvier et mars.
Quant à l’île inhabitée de Clipperton, qui
n’est pas rattachée à la Polynésie française
mais placée directement sous l’administration
du Haut-commissaire de la
République, elle représente un intérêt
scientifique et économique significatif
compte tenu de la richesse de ses eaux
(thonidés) et du sous-sol marin (nodules
poly métalliques). Dans le domaine des
pêches, un accord a été signé avec le
Mexique voisin, accordant aux navires de
cet État un accès privilégié aux ressources
de la Zone Économique Exclusive.
Ce contexte détermine les axes prioritaires
d’action de l’État dans ses missions en mer:
• sauvegarde des personnes et des biens
sur une zone immense où les activités
maritimes sont peu denses mais très dispersées,
la France ayant accepté d’assurer
cette responsabilité internationale sur une
surface de 11 millions de km2, qui s’étend
des Kiribati jusqu’à Pitcairn;
• protection des ressources marines de
plus en plus convoitées, les zones économiques
de Polynésie française et
Clipperton occupant une place de choix
dans un océan Pacifique devenu la première
pêcherie du monde;
• surveillance de frontières maritimes
considérables, le morcellement du territoire
pouvant être propice au développement
de trafics maritimes variés, au profit de
réseaux locaux ou internationaux.
Qu’il s’agisse des missions régaliennes de
l’État et du respect des règlements internationaux,
les douanes, la gendarmerie nationale,
la gendarmerie maritime, les affaires
maritimes et la marine nationale continuent
d’agir de manière coordonnée sous
l’impulsion du Haut-commissaire de la
République, délégué du gouvernement
pour l’action de l’État en mer, qui a autorité
de police administrative générale en mer.
Ses pouvoirs ont été renforcés par un décret
de décembre 2005 relatif à l’organisation
outre-mer de l’action de l’État en mer. Il est
assisté dans cette mission par le commandant
de la zone maritime de la Polynésie
française qui, sous son autorité, coordonne
l’action en mer des administrations de
l’État et la mise en oeuvre de leurs moyens.
La commission maritime
Etat-Polynésie française
Parallèlement, en conférant une compétence
de principe au Pays en matière
maritime, la loi organique de février
2004 a singulièrement modifié le cadre
institutionnel de l’action des administrations
en mer. Cette réalité de compétences
partagées implique que les deux
partenaires organisent la
mutualisation et la complémentarité
de leurs moyens.
C’est l’objet de la commission
maritime État/Polynésie française,
qui s’est réunie de
manière informelle à quatre
reprises en 2006 et a abouti à
la signature d’une convention
État-Pays en avril 2007. Les thèmes intéressant
les services de l’État et de la
Polynésie doivent désormais être traités
à travers six sous-commissions spécialisées:
police des pêches, information nautique,
sécurité des loisirs nautiques,
plans d’urgence maritime, fédération
d’entraide polynésienne de secours en
mer et questions juridiques. Si les travaux
de ces sous-commissions ne font
que commencer et méritent d’être
approfondis, l’habitude est désormais
prise de coordonner les actions en mer
de l’État et du Pays. Ainsi, dans le domaine
de la pêche hauturière, pour lequel le
Pays est compétent en matière de réglementation
tandis que l’État dispose des
moyens de police en mer, le commandant
de zone maritime, le commandant
supérieur des forces armées et le service
des Affaires maritimes sont-ils en relation
constante, au sein de la sous-commission
«police des pêches», avec le service
de la Pêche afin de mieux former les
équipes des bâtiments et avions de l’État
et de mieux cibler les contrôles en mer.
Une vigilance de tous les instants
en partenariat avec le pays
De même, le dispositif de sécurité en mer
d’une manifestation nautique aussi
importante que l’Hawaiki Nui fait-il l’objet
d’une concertation étroite entre le
commandant de zone maritime, le service
des Affaires maritimes d’État, les
douanes, la gendarmerie, le service de la
Navigation et des Affaires maritimes du
Pays et les organisateurs. La sous-commission
«sécurité des loisirs nautiques»
assure également le suivi des activités du
groupe de contrôle de la plongée de loisirs.
Ce groupe associe le responsable
plongée au sein du service de la Jeunesse
et des Sports de Polynésie française aux
représentants de la gendarmerie dans
une action coordonnée de contrôle des
clubs de plongée.
Dans ce cadre institutionnel particulier,
l’État consolide son dispositif au service des
Polynésiens. Le MRCC sera ainsi transformé
en Centre Régional Opérationnel de
Surveillance et de Sauvetage (CROSS) à
l’horizon 2010. Ce CROSS reprendra la
veille radio VHF et MH assurée jusque-là
par la station Mahina radio de l’OPT et
assurera en sus de ses missions de
recherche et sauvetage et de diffusion de
l’information nautique actuelles, les surveillances
de la navigation maritime, des
pêches et des pollutions.
Les moyens matériels dont dispose l’État,
renforcés récemment par l’arrivée d’un
hélicoptère léger Fennec, sont à la mesure
de l’immensité de sa zone de responsabilité
et de l’importance des missions de
service public en mer. Leur action doit se
conduire en bonne coordination avec
tous les autres moyens disponibles,
publics et privés. C’est de la préparation
et de la concertation que naît l’efficacité
de notre dispositif, qui participe, pour la
pêche par exemple, au développement
économique de la Polynésie française.
Le bureau action de l’État en mer
du commandant de la zone maritime
Polynésie française
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