2004
Surenchère statutaire, la fin d’une ère
Le 27 février 2004 sont promulguées, la
loi organique portant statut d’autonomie
de la Polynésie française (loi organique
n° 2004-192) et la loi ordinaire la complétant
(loi n° 2004-193). Elles sont
publiées au Journal Officiel du 2 mars
2004. Ces textes proposent une réforme
tout à fait particulière du mode de scrutin
pour les élections territoriales. Cette
loi organique transforme le «Territoire»
en «Pays d’outre-mer».
Le 2 avril 2004, Gaston Flosse obtient
un décret du Président de la République
Jacques Chirac demandant la dissolution
de l’Assemblée de Polynésie et la tenue
d’élections anticipées.
Victoire surprise de
l’UPLD, début du «Taui*»
Le 23 mai 2004, Le Tahoeraa obtient
54 000 suffrages (46 % des voix) et l’Union
pour la démocratie (ULPD) conduite par
Oscar Temaru près de 43 000 (37 %).
L’UPLD ne devance les autonomistes que
de 397 voix dans une seule des six circonscriptions
de Polynésie, celle des îles
du Vent, la plus peuplée (environ 75%
de la population). Elle bénéficie alors de
la prime majoritaire de 33% instituée à
la demande de Gaston Flosse lors du
dernier changement statutaire: la stratégie
adoptée par le chef du Tahoeraa pour
conforter sa majorité à l’Assemblée se
retourne contre lui.
Le 14 juin 2004, l’indépendantiste Oscar
Temaru est élu à la tête de la Polynésie
française par 30 des 57 représentants
polynésiens (grâce à l’alliance avec deux
élus autonomistes du groupe ADN,
Philippe Schyle et Nicole Bouteau). Il
devient le premier président du Pays.
Le 9 octobre 2004, renversement du gouvernement
présidé par Oscar Temaru. Le
ralliement au camp adverse d’un des élus
indépendantistes, Noa Tetuanui, a permis
le vote de deux motions de censure par 29
voix contre 28.
Le 16 octobre 2004, une manifestation
sans précédent dans l’histoire de
la Polynésie française, réunit quelque
20 000 personnes (environ 10 % de la
population). Autonomistes et indépendantistes
défilent ensemble pour exiger
la dissolution de l’Assemblée territoriale.
Pour la première fois, des manifestations
ont également lieu à Nuku Hiva
(archipel des Marquises) et Rangiroa
(archipel des Tuamotu).
Deux présidents à la
tête du Pays
Ancienne et nouvelle majorité sont
opposées sur l’interprétation du statut
de la Polynésie française, chaque partie
adopte un calendrier différent pour
l’élection du président. Le président
de l’assemblée de Polynésie, Antony
Geros, décide de convoquer l’assemblée
pour le lundi 25 octobre (élection
à laquelle M. Flosse lui-même s’est
déclaré candidat).
Le vendredi 22 octobre 2004, Gaston
Flosse est réélu à la présidence de la
Polynésie française par 29 voix contre
28. La Polynésie française se retrouve
donc temporairement avec deux présidents
à sa tête.
Oscar Temaru refuse de quitter les
locaux de la présidence.
Le 15 novembre 2004, le Conseil
d’Etat invalide les résultats électoraux
de mai 2004 dans la circonscription
des Iles du Vent, au motif que l’impartialité
n’avait pas été respectée dans
le bureau de vote de Mahina, décoré
d’un paréo bleu (couleur du mouvement
indépendantiste).
*Taui: le changement
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