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2004 - 2007, historique d’une instabilité chronique

2007
Le retour de l’autonomie

En Février 2007, Philippe Séguin remet au président de la République Jacques Chirac le rapport public annuel de la Chambre territoriale des Comptes qui comporte un volet sur la Polynésie française. Pour Jacques Basset, président de la Chambre territoriale des Comptes de Polynésie française, «des libertés ont été prises pendant des années avec les règles (...) et les systèmes de contrôle qui n'ont pas toujours été à la hauteur et n'ont pas permis d'empêcher les dérives qui ont pu être observées en matière notamment de dépenses publiques.»

Le 12 avril 2007, Edouard Fritch, autonomiste et gendre de Gaston Flosse, est élu président de l’Assemblée de Polynésie française, au troisième tour de scrutin (avec 28 suffrages contre 27 à son adversaire).

Le 6 mai 2007, Nicolas Sarkozy est élu président de la république.

Le 17 juin 2007, Michel Buillard et Bruno Sandras (UMP) sont élus Députés de la Polynésie française.

Le 1er juillet 2007, Une mission polynésienne conduite par le président Gaston Tong Sang est effectuée à Paris du 1er au 10 juillet 2007. Le Premier ministre François Fillon confirme que l'État est prêt à soutenir la collectivité polynésienne à travers la signature d'un «Contrat de développement 2008-2012».

Le 18 juillet 2007, le bureau exécutif du Tahoeraa provoque une démission collective de cinq ministres du gouvernement Tong Sang.

Le rapprochement Flosse/Temaru

Le champ politique polynésien était jusqu’alors structuré par l’opposition autonomistes-indépendantistes, bien que la rhétorique nationaliste commune aux deux partis n’ait pas échappé aux observateurs.

A la mi - juillet 2007, le quotidien Les Nouvelles de Tahiti révèle que Gaston Flosse s’est approché de Oscar Temaru afin de lui présenter un projet de convention qui prévoirait d’une part de constituer un gouvernement d'union provisoire et de demander la dissolution de l'Assemblée de Polynésie et des élections territoriales anticipées avant fin 2007.

Le 10 août 2007, Christian Estrosi, secrétaire d'Etat chargé de l'Outre-mer, se rend pour deux jours à Tahiti afin de témoigner de la solidarité nationale à l’occasion du crash d’un avion de la compagnie Air Moorea qui a provoqué la mort de 20 personnes.

Une 3e version du Taui, sur fond d’alliance nationaliste

Le 31 août 2007, le gouvernement de Gaston Tong Sang tombe après l'adoption de la motion de censure déposée par le groupe UPLD de Oscar Temaru.

Le 1er septembre 2007, lors d’un voyage éclair en Polynésie Christian Estrosi parle d’un projet de loi organique qui, en plus de modifier le mode de scrutin et d'abréger le mandat des élus de l'Assemblée (qui devait théoriquement prendre fin en mai 2009), doit comprendre des modifica tions du statut d'autonomie dont jouit la Polynésie française.

Le 8 septembre 2007, quelques 500 personnes défilent avec Gaston Tong Sang et ses partenaires autonomistes pour «dénoncer une manoeuvre de déstabilisation».
Face à l'instabilité politique et au «coup de frein» porté à la reprise économique, la «troisième force» qui se dessine derrière Gaston Tong Sang s'estime «prête» à répondre aux attentes de la population.

Le 13 septembre 2007, Oscar Temaru est élu à la présidence de la Polynésie française. Il affirme qu'il saura «tirer les leçons des erreurs du passé», que les discussions avec le Tahoeraa sont toujours en cours et que le débat autonomie/ indépendance est «dépassé».

Le 18 septembre 2007, Oscar Temaru, à la tête de l'exécutif de Polynésie, présente sa nouvelle équipe. Il souligne qu'il aurait souhaité mettre en place un «gouvernement d'ouverture» mais que le Tahoera'a de Gaston Flosse s'est refusé à y participer.
Le président de la Polynésie est également ministre des relations extérieures, de la décentralisation, du développement des communes et de l'océanisation des cadres.

Le projet de loi organique ne fait pas l’unanimité

Le 21 septembre 2007, Le secrétariat d'État à l'Outre-mer saisit l'Assemblée de Polynésie française, pour avis et en urgence, sur «un projet de loi organique et un projet de loi ordinaire tendant à renforcer la stabilité des institutions et la transparence de la vie politique en Polynésie française », lesquels entraîneront notamment de nouvelles élections à l'Assemblée de Polynésie. Le volet électoral de la réforme comprend l'instauration d'un second tour et le maintien des six circonscriptions actuelles pour assurer la «représentation de la diversité des archipels». Enfin, le projet de loi ordinaire «comporte des dispositions précisant les règles de financement des campagnes électorales pour l'élection à l'Assemblée de Polynésie française».

Le 4 octobre 2007, Les représentants de l'Assemblée de la Polynésie française rendent un avis défavorable, sur le projet de loi organique. «C’est un recul manifeste des compétences de la Polynésie dans le cadre de son autonomie politique.» déclarent L'UPLD et le Tahoera'a qui ont massivement rejeté le texte alors que les élus du groupe «Polynésiens ensemble» y étaient favorables.

A la mi-octobre 2007, Oscar Temaru se rend en France et rencontre Nicolas Sarkozy. Il se déclare satisfait de son entretien: «Il était indispensable de rétablir le dialogue au plus haut niveau avec le chef de l'État. Cela s'est très bien passé, dans la convivialité». Oscar Temaru n'est toujours pas convaincu du bien-fondé de la tenue des prochaines élections des représentants de l'Assemblée, au mois de janvier 2008.

25 octobre 2007, le projet de loi organique visant à mettre un terme à l’instabilité politique en Polynésie est adopté en Conseil des ministres à Paris.

A la fin octobre 2007, Christian Estrosi est à nouveau en Polynésie afin «d'écouter les Polynésiens» sur le projet de loi organique. Il assiste à une séance exceptionnelle à l'Assemblée de Polynésie. «Le texte qui a été adopté en Conseil des ministres est amendable», déclare-t-il.

Le 7 novembre 2007, Les représentants de l'Assemblée votent à l'unanimité en faveur du «projet de contrat de projets» liant l'État à la Polynésie pour cinq années. Le texte a toutefois été amendé pour ne retenir que trois «actions prioritaires»: logement social, la santé et les abris de survie pour un montant avoisinant les 35 milliards Fcfp (environ 292 millions d'euros).

Au début de novembre 2007, Gaston Tong Sang et ses partenaires autonomistes séjournent à Paris pour s'entretenir avec les parlementaires afin de discuter du projet de loi organique du secrétaire d'État à l'Outre-mer.

Le 12 novembre 2007, le Tavini reproche au gouvernement central de «soutenir» ouvertement Gaston Tong Sang qui «représente une minorité» et de vouloir maintenir mordicus les élections au mois de janvier. Le texte prévoit que le seuil de participation au deuxième tour de scrutin soit de 12,5% des suffrages exprimés. Le seuil de 5% a été retenu pour être autorisé à fusionner avec une autre liste et se voir attribuer des sièges.

Vendredi 23 novembre 2007, les députés de l'Assemblée nationale adoptent le projet de loi organique. Cent dix amendements ont été déposés, notamment ceux qui confient au conseil d'État, le soin de constater «l'empêchement » du président de Polynésie, mais qui écartent aussi l'usage des langues polynésiennes au sein de l'hémicycle local. Ces amendements fixent également «au quart» des élus de l'assemblée polynésienne le nombre de signataires nécessaires pour le dépôt d'une «motion de défiance constructive».