samedi 04 février 2012
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Palmarès et bilan économique

Bilan économique 2007 :

Dixit 2008-2009
La croissance économique en 2007 a bénéficié d’un effet de rattrapage après une année 2006 de quasi-stagnation du PIB réel, mais elle reste insuffisante pour réduire, voire même stabiliser le taux de chômage. La probabilité d’une éventuelle reprise, attendue par les chefs d’entreprises jusqu’au 3ème trimestre 2007, s’est en effet considérablement amenuisée avec les événements de la vie politique. Et les perspectives 2008 ne sont guère optimistes…

 

 

Un contexte international en crise

Le climat international de récession, de dépréciation du dollar et de fébrilité sur les cours des matières premières n’a pas été pour rassurer l’ensemble des agents économiques polynésiens durant cette année 2007.
En 2008, plusieurs éléments vont continuer à peser sur la conjoncture économique polynésienne, notamment sur les exportations et la consommation des ménages :
• La diminution de la demande mondiale en raison de la crise économique aux États-Unis avec des effets d’entraînement sur le reste du monde ;
• La dépréciation persistante du dollar US, susceptible de réduire la compétitivité des exportations de biens et d’entraîner une forte diminution des recettes touristiques ;
• Les possibles variations du prix du baril de pétrole.

Une reprise trop faible pour stabiliser le taux de chômage


• Le chiffre d’affaires déclaré par les entreprises soumises à la TVA (janvier à septembre 2007) a augmenté de 3,8 % en francs constants, contre 3,1 % en 2006 sur la même période.
• Les importations en francs Fcfp courants ont augmenté de 3 % (- 5 % en 2006), ce qui - compte tenu de l’inflation importée - reste très modeste.
• La consommation d’électricité moyenne tension n’a crû que de 4 % en 2007 contre 2 % en 2006.
• L’investissement des entreprises est resté en panne : progression de 1,8 % des encours des crédits à moyen terme déclarés au service central des risques, avec un repli de certains secteurs clés, comme l’hôtellerie (- 5,3 %), l’industrie (- 3,1 %) et le transport (- 8,1 %).
• La création nette d’emplois salariés n’a été que de 1591 (entre septembre 2006 et septembre 2007), alors que chaque année environ 2500 emplois devraient être créés pour stabiliser le taux de chômage.

Quelques indicateurs positifs….

Banques : de nouvelles « règles du jeu »


L’ordonnance n° 2008-1233 du 28 novembre 2008, adoptée en conseil des ministres et publiée au Journal Officiel du 29 novembre 2008 a pour objet d’étendre à la Nouvelle- Calédonie, à la Polynésie française et aux îles Wallis et Futuna les dispositions intéressant l’activité des établissements de crédit.
Grâce à ce nouveau texte, les conditions de fonctionnement des comptes bancaires dans les collectivités du Pacifique sont alignées sur celles en vigueur en métropole.
• Les établissements bancaires sont donc autorisés à rémunérer les comptes ;
• Afin que les consommateurs puissent mieux faire jouer la concurrence, les banques sont désormais tenues de communiquer à leurs clients le récapitulatif des frais bancaires ;
• Le champ de la médiation bancaire est étendu à tout litige relatif au crédit et à l’épargne : de ce fait, l’établissement bancaire est donc tenu d’indiquer à son client le nom du médiateur qui pourra examiner ces litiges.
Ces nouvelles mesures visent principalement à renforcer la transparence des relations entre les établissements financiers et leur clientèle (protection du consommateur).

• Bonne tenue de la consommation des ménages, représentant 70 % du PIB, confirmée par les bons résultats du commerce de détail : + 12,7 % de croissance en volume des importations de biens d’équipement ménagers, + 9,8 % de croissance en valeur des importations agro-alimentaires, + 3,7 % de croissance des immatriculations de véhicules neufs (après un recul de 0,6 % en 2006).
• Nouvelle progression de l’investissement des ménages dans l’immobilier : croissance de 9,2 % des encours des crédits à l’habitat en glissement annuel 2007 (après + 6,5 % en 2006).
• Net redressement de l’investissement public en matière de génie civil et travaux publics : dépenses liquidées de 2,6 Milliards Fcfp par l’Aviation Civile (contre 1,6 Milliards Fcfp en 2006) et de 11,1 Milliards Fcfp par la Direction de l’Équipement (contre 8,1 Milliards Fcfp en 2006).
• Léger ralentissement de l’inflation : l’indice des prix à la consommation a augmenté de 1,9 % en glissement annuel en décembre 2007, contre + 2,4 % en 2006.
• Amélioration de la position extérieure nette du système bancaire polynésien : le différentiel de croissance entre l’épargne et le crédit, porté notamment par les collectivités locales qui ont choisi la voie du désendettement (baisse des encours de 56,9 à 49 Milliards Fcfp de décembre 2006 à décembre 2007), et par une croissance de 6,1 % des actifs financiers en glissement annuel à fin 2007, a permis à celle-ci revirer au positif, et de passer de - 6,3 Milliards Fcfp en décembre 2006 à + 6,7 Milliards Fcfp en décembre 2007 ; les encours de comptes à terme ont connu une progression de 20 % en un an.










…Au prix d’une fragilisation de la santé financière des agents économiques

 

• Les ménages ont un recours croissant au crédit à la consommation : + 12 % de progression en rythme annuel des encours de crédit à la consommation (contre + 6,6 % en 2006), + 9,1 % de croissance des interdictions bancaires des personnes physiques et croissance à deux chiffres des incidents de paiement (+ 18,2 % pour les chèques, + 55,1 % pour les retraits de cartes bancaires)
• Les ménages ont continué à s’endetter pour devenir propriétaire de leur logement : l’encours des crédits à l’habitat des ménages est passé de 130,9 à 143,8 Milliards Fcfp.
• Le déficit commercial s’est creusé : il s’est établi à - 143,9 Milliards Fcfp en 2007 (+ 5 % par rapport à 2006), sous l’effet de la progression de 3,3 % des importations (160,6 Milliards Fcfp en 2007) et du reflux de 10,4 % des exportations (16,7 Milliards Fcfp en 2007) ; le taux de couverture des importations par les exportations de biens est passé de 12 % à 10,4 %
• Le gouvernement, qui avait régulé le prix des hydrocarbures en 2007 pour éviter la spirale inflationniste, n’a pas pu faire l’économie d’une inévitable révision, intervenue en juillet 2008, reportant ainsi d’une année l’impact de la conjoncture internationale sur les prix.

Assurances

Le secteur disparate de l’assurance comprend :
• La branche IARD (assurances dommages des biens et des personnes) où l’assurance automobile représente 60 à 65 % du marché.
• La branche « assurance vie » qui bénéficie d’un engouement toujours réel (augmentation de l’épargne). On note que certains assureurs réalisent 50 % à 75 % de leur CA IARD en automobile alors que d’autres n’atteignent que 30 %, ces derniers préférant se concentrer sur les gros risques (hôtels). Cette concurrence a généré une baisse des primes, mais le prix des pièces détachées ayant fortement augmenté (ainsi que le coût moyen d’une expertise), un réajustement devrait intervenir en 2009. La clientèle « entreprises » est devenue un créneau concurrentiel, en raison de la présence de courtiers qui proposent des produits d’assurance anglais ou américains. En raison de méthodes comptables différentes, ces courtiers n’apparaissent pas dans le classement par chiffres d’affaires, mais leur activité n’en est pas moins importante. A noter l’accroissement de la part des banques dans l’apport d’affaires : les commissions étant fortes, la profitabilité n’est pas démontrée…
Ce secteur reste fragile, la loi des grands nombres n’étant pas toujours applicable en Polynésie (pour rappel, un sinistre corporel coûte en moyenne 150 à 300 MFcfp).

Bâtiment et Travaux Publics

Bâtiment : le secteur s’appuie sur une demande privée encore en expansion, surtout portée par les ménages dans la construction de leur maison. Du côté des entreprises privées, les investisseurs ont semblé faire preuve d’un certain attentisme dans un climat d’instabilité politique. Dans ce contexte, les perspectives de relance du bâtiment demeurent incertaines en l’absence de projets immobiliers d’envergure.

Importations (en volume)

• Ciment : + 9,1 %
• Bois transformé : + 1,3 %
• Carrelage : + 1,2 %
• Bitume : + 100 %
(6,5 T contre 3,2 T en 2006)

TP et génie civil : La commande publique s’est nettement orientée vers le génie civil et les travaux publics en 2007. Les opérations liquidées par la Direction de l’équipement pour les infrastructures routières et fluviales se sont inscrites en augmentation de 40 % par rapport à l’année précédente. Celles relatives aux ouvrages portuaires, maritimes et aéroportuaires ont connu une hausse de 48 %, soit la plus forte dépense dans ce secteur depuis dix ans.
La baisse de la commande publique devrait se faire sentir en fin d’année 2008, ainsi qu’en 2009.

Industrie

Exportations - agroalimentaire

 

En régression de 15,2 % (en glissement annuel)
Noni : - 39 % en 2007, recul causé par le désengagement du principal acheteur de la récolte de noni polynésien depuis deux ans (- 39,5 % en 2006), que les quelques producteurs locaux de purée et de jus ne peuvent combler.
Monoï : + 36 % en rythme annuel (355 tonnes en 2007 contre 261 en 2006), dynamisées par un gros producteur local. Le monoï tend à devenir une base de référence par l’industrie cosmétique grâce à ses propriétés émollientes, antiseptiques et antifongiques.

Le secteur industriel (hors construction) représente 12 % du chiffre d’affaires total des entreprises assujetties à la déclaration de TVA du régime réel et 15 % de l’emploi salarié du secteur marchand enregistré à la CPS. Dominée par les petites structures, l’industrie polynésienne a enregistré une croissance de 6 % en valeur. Parallèlement, l’emploi a augmenté de 3 % entre septembre 2006 et septembre 2007 (il avait diminué de 2 % un an auparavant).
Seules les industries tournées vers le marché intérieur ont bénéficié d’un courant favorable, grâce au redressement de la consommation des ménages.

 

Secteur primaire

Il est resté relativement déprimé au cours de l’année 2007.
• Coprah : production en repli de 6,4 % (en glissement annuel).
• Vanille : exportations + 20 % en volume, mais à des cours modestes.

Pêche

Exportations :
l’accroissement des exportations de poissons, de vanille, de monoï et d’huile de coprah (+ 44,6 %) n’a pas suffi à compenser la perte en valeur sur les perles et le noni.

Les exportations de poissons ont enregistré une hausse de 35 % sur la période (858 tonnes contre 635 l’an passé), notamment grâce au retour de la ressource halieutique. Mais le secteur a besoin de se structurer…

Perliculture

En 2007, les exportations de perles ont rapporté 10,7 milliards de Fcfp (contre 11,1 en 2006, soit - 3,5 % en glissement annuel), alors que les volumes ont augmenté de 1,3 % (7,8 tonnes contre 7,7). La progression des quantités de perles cédées à l’étranger s’est accompagnée d’une nouvelle dépréciation du prix moyen au gramme des perles brutes. Le secteur subit de grands bouleversements, de nouveaux défis sont à relever…

Commerce

Commerces de détail à dominante alimentaire : les grandes surfaces ont été le moteur de l’expansion ; leurs effectifs ont augmenté de 2,9 % en un an, dans un secteur qui a plutôt stagné en matière d’emploi (- 0,1 % sur l’année). Dans un contexte de baisse du pouvoir d’achat, les grandes surfaces ont élargi la gamme des produits de la marque de leur enseigne, moins coûteux que les marques plus connues.
Le paysage de la grande distribution s’apprête à vivre un bouleversement dans les années à venir, avec l’autorisation d’implantation de deux hypermarchés. Les deux projets (enseignes Géant Casino et Carrefour) prévoient des surfaces commerciales respectives de 5 000 m2 et 4 000 m2, doublant en quelques mois la surface de vente actuelle des grandes surfaces de la zone urbaine de Papeete.

Commerces de détail spécialisés : outre la forte concurrence locale illustrée par le très grand nombre de commerces, cette branche doit faire face à la frénésie des achats effectués par correspondance ou via Internet, qui a été favorisée par l’augmentation de la franchise de taxes accordées aux colis (portée à 30 000 Fcfp) ; en vue de soutenir la consommation locale, le gouvernement a revu cette franchise à la baisse.
Le développement des structures commerciales s’est poursuivi en 2007, comme l’indique le nombre d’avis favorables attribués par la Commission d’implantation des grandes surfaces commerciales (future ouverture à Taravao d’une grande surface dédiée au bricolage, implantation d’un grand magasin d’équipement de la personne, etc).

Informatique

Organisation du secteur : il regroupe des acteurs aux métiers différents dont certains ne figurent pas au classement pour des raisons de montant de chiffre d’affaires, mais dont l’importance commerciale doit être soulignée. Ainsi, on trouve les constructeurs, comme IBM ou Bull, orientés sur le marché professionnel avec une clientèle de grands comptes à laquelle des solutions informatiques de marque propre sont apportées, les distributeurs commercialisant plusieurs marques à des clientèles à dominante professionnelle (ISS), grand public (Hyper Média, Télectronique) ou mixte (ITEM), et les prestataires de services, regroupant aussi bien des structures à orientation professionnelle comme IDT que des patentés ou structures spécialisés en conseil, formation, création de sites Internet ou logiciels sur mesure. L’analyse des chiffres d’affaires de ces différents acteurs doit tenir compte de la répartition entre les produits et les services : ainsi, la part du service est dominante chez les constructeurs vendeurs de solutions et chez les prestataires de services qui en font leur spécialité, tandis que la part des produits est dominante chez les distributeurs, d’autant plus que leur clientèle est orientée sur le grand public. On peut aussi retrouver un même produit comptabilisé chez le constructeur et chez le distributeur.

Chiffre d’affaires : le marché stagne, car si les volumes vendus progressent (les clientèles grand public et jeunes offrent encore du potentiel), les prix diminuent, dans un contexte de concurrence accrue ; les leaders sont ceux qui parviennent à gérer leurs achats et stocks de manière optimale dans un contexte de renouvellement rapide de l’offre et de transparence accrue sur les produits et les prix (via Internet notamment), rendant le consommateur de plus en plus averti et exigeant.

Informatisation des entreprises : les dirigeants sont de moins en moins sensibles à la technologie mais recherchent maintenant des solutions tout en capitalisant sur les investissements déjà réalisés. La crise financière ne va qu’accentuer cet objectif de retour sur investissements. Le chef d’entreprise est en droit, en 2009, de bénéficier de plus d’intégration de la part de son système informatique (inventaires, catalogues, gestion optimale des ressources humaines, déclarations sociales et fiscales, tableaux de bord, mobilité, gestion des documents, suivi des actions commerciales, contrôle du service client, etc…).
En ces temps qui s’annoncent difficiles, l’heure est donc à la consolidation.

Produits pharmaceutiques

La croissance 2007 résulte d’un accroissement des volumes, dû à la fois à l’augmentation des dépenses de santé, et à la mise sur le marché de médicaments de réserve hospitalière très onéreux ; les professionnels évoquent un marché encore en phase de croissance au niveau des volumes, mais une tension sur les marges de l’officine ; le développement du secteur de la parapharmacie s’effectue à l’image de la Métropole et conserve un potentiel de développement ; parallèlement, les médicaments génériques, qui répondent à l’intérêt de tous les acteurs, prennent une part croissante dans les prescriptions.
Le débat de fonds soulevé par les baisses de prix - en fait celui de la baisse des coûts de la CPS - demeure toutefois encore ouvert, même si, malgré les croissances à deux chiffres des dépenses de santé ces dernières années, un habitant de Polynésie consomme deux fois moins de médicaments qu’un métropolitain.

Automobile

Ce secteur a renoué avec la croissance en 2007 : les immatriculations de véhicules neufs ont augmenté de 3,7 %, après un recul de 0,6 % l’année précédente (7 996 contre 7 710 en 2006 et 7 755 en 2005).
Les voitures particulières neuves ont connu un vif succès, leurs immatriculations ont progressé de 10 %, notamment au profit des petites cylindrées, moins onéreuses. Le 4x4 reste néanmoins le véhicule préféré des acheteurs polynésiens, avec près de la moitié du parc automobile (28 % pour les « pickup » et 21 % pour les SUV).
L’engouement pour ce type de véhicules s’est toutefois atténué en 2008 avec la mise en application d’une nouvelle réglementation interdisant tout transport de personnes dans les bennes de pick-up (sauf si le véhicule prévoit des aménagements à l’arrière garantissant la sécurité des passagers).

Tourisme

Depuis 2003, le tourisme en Polynésie française stagne et ce, malgré des investissements conséquents en matière de capacité d’accueil. En 2007, la fréquentation a même diminué de 1,5 %.Cette situation pourrait ne pas être alarmante pour le secteur si le tourisme polynésien suivait une tendance mondiale ou régionale, mais ce n’est pas le cas puisque le nombre de touristes dans le monde a augmenté de 6,1 % et celui de la zone Asie- Pacifique de 10,3 %.
La faiblesse du dollar américain vis-à-vis de l’euro n’est pas étrangère à cette contre-performance puisque le nombre d’Américains a reculé de 9,4 % alors que les Japonais et les Européens ont respectivement crû de 6,9 % et 3,2 %.

Le tourisme en chiffre

 

• Tourisme terrestre : - 4 %
• Nombre de croisiéristes :
+ 10,5 % (le nombre de passagers représente à présent 20 % du nombre total de touristes, contre 17 % en 2006).
• Coefficient moyen d’occupation des chambres (hôtellerie classée) : 60 % (contre 66,4 % en 2006).
• Durée moyenne de séjour : 13,3
jours en 2007.

Les compagnies aériennes internationales ont ajusté leurs coûts notamment par une réduction du nombre de rotations et de la capacité des avions desservant la Polynésie : le nombre de sièges offerts a ainsi diminué de 13,5 % en 2007.
• A court terme, la crise que subit actuellement le secteur touristique polynésien devrait s’intensifier. La singularité de la destination semble s’être épuisée ces dernières années et la baisse de fréquentation pourrait même entraîner de graves difficultés financières pour la plupart des établissements. Pour l’année 2008, les professionnels estiment la baisse de fréquentation aux environs de 8 %. En vue de compenser cette évolution, le GIE Tahiti-Tourisme a renforcé sa promotion interne destinée aux résidents.
• A long terme cependant, la diversification des activités proposées aux touristes (golf, spa, écotourisme…), la prospection de nouveaux marchés, une activité promotionnelle plus intensive et le développement du tourisme nuptial* pourraient renverser la tendance, à condition que les problèmes de compétitivité ne soient pas rédhibitoires.

Yachting de luxe : marché de niche à haute rentabilité, il attise la convoitise de nombre de marinas et la Polynésie française a récemment revu sa réglementation (raccourcissement du délai d’obtention d’une licence, réduction de la fiscalité) pour recueillir une partie de cette manne.

Hôtellerie internationale : elle rassemble à la fois de grands groupes internationaux comme Starwood (Sheraton, Le Méridien, Saint Régis), qui a affermi sa présence en Polynésie française en rachetant la chaîne Le Méridien, Accor (Sofitel, Novotel), Intercontinental, Le Radisson ou Club Méditerranée, et des entreprises locales, comme South Pacific Management (Pearl Resorts) ou Maitai (Bora Bora, Fakarava).
Après une année 2006 caractérisée par la mise sur le marché de nouveaux hôtels de standing élevé, l’année 2007 a plutôt été marquée par une pause en matière de développement des infrastructures hôtelières.
En 2008, un nouvel hôtel de luxe (Four Seasons) a ouvert ses portes à Bora Bora. Deux nouveaux établissements vont prochainement ouvrir à Tahiti, l’un au centre de Papeete (Tahiti Nui) et l’autre à Punaauia.
A l’horizon 2009, un éco-hôtel de luxe (« The Brando » sur l’atoll de Tetiaroa) devrait être inauguré. Les premières résidences hôtelières de luxe devraient apparaître (notamment à Bora Bora où un groupe américain a racheté l’hôtel Eden Beach pour le transformer en ce sens, et à Moorea où une promotion immobilière de 50 villas est en cours de lancement).

* L’opportunité pour les touristes étrangers de se marier en Polynésie française est freinée par l’article 74 du Code civil qui impose que l’un des époux réside dans la commune où doit être célébré le mariage depuis un mois au minimum. Un nouveau projet devrait être élaboré pour tenter de raccourcir ce délai.

 

Trafic aérien

Trafic international : en Polynésie française, l’évolution du trafic international n’a pas suivi la tendance mondiale, le transport de passagers subissant même un net recul par rapport à 2006 ( 8,1 %). Les programmes de vols de 2008 ont prévu un nouveau recul de l’offre de sièges de 7 %.
Air Tahiti Nui (ATN) a consolidé sa place de premier transporteur aérien de Polynésie française avec 66,5 % des passagers réguliers. En dépit d’un ajustement de son trafic à la baisse, le nombre de passagers transportés par ATN s’est inscrit en hausse de 0,7 %, à la faveur d’un meilleur taux de remplissage (70,8 % en 2007, contre 65,7 % en 2006).
En novembre 2006, Air France a décidé d’interrompre le « code share » avec Air Tahiti Nui et de réorganiser ses vols. La compagnie française a donc réduit son offre globale de transport pour 2007 (- 12,4 % de sièges offerts) mais ces modifications ont eu des retombées positives sur son CMR (84 % en 2007, contre 76,5 % en 2006).
A noter qu’Air Tahiti a ouvert sa première ligne internationale Papeete- Rarotonga en avril 2007 afin d’assurer une continuité de desserte sur cette liaison laissée vacante par Air New Zealand.

Trafic intérieur : en 2007, la baisse du nombre de passagers au départ et à l’arrivée de l’aéroport de Tahiti-Faa’a (- 3,1 %) a accompagné celle du nombre de sièges offerts (- 1,1 %). Le coefficient moyen de remplissage a perdu 1,4 point en un an et s’établit à 64,9 %.
En réalité, ces mauvais résultats sont imputables à la desserte Tahiti-Moorea assurée par Air Moorea (conséquences directes et indirectes du crash, en août 2007, d’un Twin Otter ayant fait 20 victimes).
Hors Moorea, le groupe Air Tahiti a transporté plus de passagers (+ 2,4 %) qu’en 2006. En revanche, son CMR s’est inscrit en baisse de 1,2 point, à 67 %. En 2007, le transport des résidents a augmenté de 6,3 % alors que celui des touristes a régressé de 3 %.

Énergie

La production et la distribution d’électricité en Polynésie sont de compétence communale. Les municipalités assurent ce service en régie ou le confient sous forme de concession ou de contrat de gérance à une entreprise. Sur le Territoire, la production thermo-électrique est largement concédée, directement ou par le biais de ses filiales, à l’Électricité de Tahiti (EDT).

La charte de l’énergie électrique de la Polynésie Française (1998-2007) a fait du développement des énergies renouvelables, notamment dans les archipels éloignés, un objectif prioritaire.
En 2007, la Polynésie française a produit environ 677 millions de kwh (contre 650 millions en 2006), soit une croissance annuelle de 4 %. La consommation d’énergie a également suivi une courbe ascendante en 2007 (estimation : + 4,3 %) croissance légèrement supérieure à celle de 2006. Pour sa part, le nombre d’abonnés s’est accru de 3 % environ. En revanche, la part de l’hydroélectricité a baissé depuis 1998, passant de près de 50% à 30% actuellement.

Télécom

Internet : en 2007, le parc d’abonnés s’est accru de 14,7 %. Cette forte progression est surtout due à l’essor de l’ADSL, couvrant l’ensemble des cinq archipels de la Polynésie française et représentant désormais 92 % du parc. Mana a lancé un service d’accès Internet sans fil en haut débit, « Mana Spot », dans un souci d’étoffer son offre en proposant de nouvelles prestations.
En janvier 2008, l’OPT a signé un contrat avec Alcatel-Lucent pour le déploiement d’un nouveau réseau de câble sousmarin à haut débit reliant Tahiti à Hawaii.

Télévision par satellite : En 2007, TNS comptait 21 902 abonnés, un nombre en nette progression par rapport à 2006 (+ 13,5 %).

Téléphonie portable : en un an, la progression du nombre de clients Tikiphone (seul opérateur à fin 2007) a été de 13 %. L’arrivée d’un concurrent (Mara Télécom) début 2009 pourrait changer la donne.

Perspectives 2008 : des inquiétudes

La Polynésie française semble bien avoir initié une phase de récession, comme beaucoup d’économies dans le monde (Etats-Unis, Japon, certains pays européens, Nouvelle-Zélande). Illustré par le tassement de la consommation d’électricité moyenne tension sur les trois quarts de l’année de près de 2 % (en glissement annuel) et du chiffre d'affaires global déclaré pour le versement de la TVA au premier semestre 2008, le marasme est évoqué par les participants à l’enquête de conjoncture réalisée par l’IEOM (références : voir sources en fin d’article). Les chefs d’entreprise sont restés préoccupés par le poids de leurs charges d'exploitation et la dégradation de leur situation de trésorerie, accentuée par les difficultés de recouvrement des créances sur la clientèle.

Comportement des entreprises : pas de développement


• Moindre progression de l’encours des crédits d’investissement (+ 2,6 % en glissement annuel, contre 4,2 % le trimestre précédent)
• Hausse de 20 % - en cumul - des importations de biens d’équipement : ceci laisse supposer que les entreprises ont saisi l’opportunité d’un effet de change favorable, importations motivées plutôt par le renouvellement de leur parc de machines que par le développement de leur activité.
 

Fléchissement de l’emploi : les dernières estimations de l’ISPF (3ème trimestre 2008) montrent un fléchissement de l’indice de l’emploi salarié dans le secteur marchand sur les mois de juillet et août (- 0,6 % en glissement annuel) ainsi qu’un repli dans l’industrie (juillet - 1,2 % et août - 0,9 %).

Forte inflation : l’indice des prix à la consommation (IPC) accuse + 4,5 % en glissement annuel (septembre 2008), après + 2,6 % en juin. Cette évolution révèle une nette accélération de l’inflation, le gouvernement local ayant décidé début juillet une revalorisation des tarifs de l’électricité (+ 18 %) et de l’essence à la pompe (+ 13 % pour le sans plomb), ajustement décalé par rapport à l’évolution des cours du pétrole. Dans la mesure où l’économie polynésienne importe son inflation avec un décalage de quelques mois, les prochaines statistiques ne devraient guère être optimistes.

Consommation des ménages au ralenti : Moteur essentiel de l’activité économique polynésienne, elle représente 70 % du PIB. L’inflation et la morosité du marché de l’emploi ont concouru à altérer la vigueur de la consommation des ménages. Les importations de biens de consommation (hors alimentaire) n’ont enregistré que + 1,4 % en glissement annuel sur les 3/4 de l’année et les immatriculations de véhicules neufs ont presque stagné. Les ménages n’en ont pas pour autant été dissuadés de recourir à l’emprunt ; l’encours des crédits à la consommation a progressé de 9 % en rythme annuel durant le troisième trimestre 2008. Il en a été de même pour les crédits à l’habitat qui, avec + 7 % sur la période, attestent du maintien relatif de l’investissement des ménages dans l’immobilier.

Chute des exportations : les branches tournées vers les marchés extérieurs ont particulièrement souffert depuis le début de l’année 2008 :
• Les exportations de poissons ont diminué de moitié (cumul de janvier à septembre).
• Les recettes d’exportations pour les perles brutes sont passées à 3,7 milliards de Fcfp contre 7,6 un an plus tôt.
• Les produits alimentaires à l’export ont perdu 12 % (en volume) sur les trois premiers trimestres.
• Le monoï enregistre une baisse de 28 % sur cette même période.

Chute historique du tourisme



Fréquentation touristique :
- 8,3% en glissement annuel
CMR des chambres (hôtellerie internationale) : 62,1 % en septembre 2008
Revenu moyen par chambre :
- 13 % (en glissement annuel, juillet 07à septembre 08

Attentisme dans le BTP : en raison d’un recours en annulation devant la justice, le prêt à l’habitat bonifié (PHB) de 2005 a été invalidé en première instance en 2008 ainsi qu’en appel, au motif que la signature des conventions avec les banques était illégale. Les banques ont été en pourparlers avec le gouvernement en vue de signer un protocole pour que les banques n’aient pas à rembourser les montants de la bonification et à annuler les conditions de prêts négociées avec leurs clients.
Le gouvernement polynésien et les banques polynésiennes n’ont signé que le 7 novembre les conventions permettant la reconduction des dispositifs de prêt à l’habitat bonifié (PHB) et de prêt à l’aménagement bonifié (PAB). Une enveloppe globale de 10 milliards de crédits en capital a été allouée pour financer ces deux dispositifs qui arriveront à échéance après son épuisement ou au plus tard au 30 juin 2009 pour le PHB et au 31 décembre 2008 pour le PAB.
La remise en place du dispositif PHB devrait porter ses fruits en 2009 et soutenir l’investissement immobilier des ménages.

Commerce, seul l’alimentaire se maintient : en dépit des baisses de prix consenties, le volume d’affaires n’a pas décollé selon les attentes des commerçants ; ils estiment leurs stocks de marchandises trop importants au regard des capacités d’absorption du marché local. La baisse du prix du pétrole (et par voie de conséquence, celui du kérozène) peut être considérée comme une des rares « bonnes nouvelles » pour l’économie polynésienne en 2009. La dépréciation de l’euro par rapport au dollar, constitue également un « bon point » pour la compétitivité de nos exportations en dollars et celle du secteur touristique…

SOURCES: - Rapport d’activité 2007 - IEOM - Bulletin trimestriel n° 136 - 3ème trimestre 2008 - IEOM

 

 

 

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