vendredi 30 juillet 2010
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Palmarès et bilan économique

Bilan économique 2008 :

Dixit 2009-2010
Baisse générale…
L’activité économique a connu un ralentissement en 2008, avec une baisse du chiffre d’affaires des entreprises de 1,3 % (de déc à déc) en francs constants, une chute de 3 % de l’emploi (effectif salarié CPS en glissement annuel fin décembre 2008), un taux d’inflation de 3,4 % touchant des secteurs sensibles comme l’alimentation (+ 4,3%), les compagnies aériennes (+ 13,3 %) et l’OPT (+ 11 %), et une aggravation du déficit commercial, qui passe de - 143,9 milliards Fcfp en 2007 à - 159, 7 milliards en 2008. Les résultats 2009 confi rment la crise, à la fois structurelle et conjoncturelle, et les perspectives pour 2010, plutôt pessismistes, montrent les limites du plan de relance mis en place et appellent à la restructuration de tous les secteurs.

En 2008, les principaux moteurs de la croissance sont restés en panne : baisse de la consommation des ménages, baisse de la commande publique, attentisme de l’investissement privé.
Tous les secteurs sont touchés : chute marquée du tourisme (- 11,4 % des exportations de biens et services touristiques, soit 7 milliards Fcfp de perte par rapport à 2007), dégradation historique du prix de la perle (952 Fcfp le gramme en 2008, contre 1 393 en 2007), chute de 20 % de la production du secteur de la pêche hauturière, baisse de 16,1 % en volume des exportations de produits agro-alimentaires, baisse de 18 % des dépenses liquidées de la commande publique pour le bâtiment et les travaux publics, chute tristement symbolique du commerce automobile (- 7,5 % du nombre d’immatriculations de véhicules neufs).
Le contexte de crise a accentué la fragilisation fi nancière des agents économiques, notamment dans les secteurs de la perliculture, de l’hôtellerie et du BTP : les créances douteuses du système bancaire polynésien ont fortement augmenté en 2008 (elles représentent 6,6 % de l’encours des concours bruts fin 2008, contre 5,6 % fin 2007), contribuant au recul de 9,7 % du résultat net cumulé des trois banques. Ce ralentissement général a été largement favorisé par le contexte d’instabilité politique qu’a connu le Pays.

Un contexte international en crise

Même si l’économie polynésienne dispose de stabilisateurs économiques, notamment les transferts publics de l’État (29 % du PIB) et une part importante d’emplois salariés dans le secteur public (près d’un tiers des effectifs salariés déclarés à la CPS), elle n’échappe pas à la crise mondiale : les secteurs exportateurs (tourisme, perle, agro-alimentaire) connaissent une chute de la demande, tant en volume qu’en valeur ; les importations quant à elles suivent l’infl ation des principaux pays partenaires (coeffi cient de corrélation de 0,8 entre l’indice des prix intérieurs et la moyenne des indices de prix des principaux pays partenaires sur la période 2003-2008) ; ainsi, en dépit de l’intervention du Pays dans le contrôle des prix, l’augmentation du prix du baril de pétrole, répercutée à partir de juillet 2008, a provoqué une forte augmentation des prix, freinant la consommation des ménages, moteur essentiel de la croissance du PIB, et fragilisant les entreprises et l’emploi.

Une crise structurelle purement locale



Des institutions en crise

2008 matérialise le début d’une nouvelle ère dans les relations avec l’État : l’année voit la mise en oeuvre des réformes diligentées dans le cadre de la révision générale des politiques publiques, qui s’est traduite par la réforme de l’indemnité temporaire de retraite et par l’annonce du retrait progressif d’une partie des forces armées installées dans le Pays. Avec un total de 167,8 milliards Fcfp de dépenses directes de l’État et des établissements publics nationaux (soit - 1,03 % par rapport à 2007 mais + 5,19 % par rapport à 2006), dont 21,39 milliards (12,75 %) consacré au développement économique via essentiellement la convention pour le renforcement de l’autonomie économique de la Polynésie française, incluant la dotation globale de développement économique (DGDE) et l’ex-FREPF, et le maintien du dispositif de défiscalisation nationale représentant 68,2 milliards de Fcfp en 2008 (contre 27,2 milliards de Fcfp en 2007), l’État confirme son engagement financier, mais impose des contrôles et laisse au Pays la responsabilité de développer ses projets structurants. Il incombe à ce dernier de mettre en place les moyens nécessaires à ce développement, selon un modèle qui reste à définir.

La crise des institutions polynésiennes freine cet élan : la succession des gouvernements rend délicat le suivi des dossiers, retarde l’exécution des projets votés (les crédits restent inemployés par manque de maîtrise des flux de dépenses) et ralentit la sortie de nouveaux projets, en dépit du contrat de projets État-Pays 2008-2013 favorable à la relance de la commande publique : sur 52 milliards Fcfp d’investissements contractualisés sur cinq ans, dont 21 à la charge de l’État, 650 millions Fcfp ont été programmés en 2008 et l’année 2009 n’a pas connu l’impulsion attendue, générant une crise dans le secteur du BTP.

Des secteurs clés insuffisamment structurés



Un tourisme sans plan de développement stratégique à long terme

Première ressource économique avec un chiffre d’affaires de 42 milliards Fcfp, le tourisme affiche des résultats très mauvais malgré d’importants investissements consentis depuis une décennie, tant en termes de développement d’offre d’hébergement qu’en termes de commercialisation et de promotion : 196 496 visiteurs en 2008, soit une baisse de 10 % par rapport à 2007, baisse de 25 % sur les six premiers mois 2009 et perte de plus de 31 000 touristes au 30 septembre 2009.
Outre le handicap de la distance, signifiant éloignement des principaux marchés émetteurs et coût afférent des transports dans le budget total des touristes, et du coût de la vie élevé dégradant le rapport qualité/prix, la Polynésie a du mal à définir et maintenir un plan de développement stratégique à long terme. Elle manque d’outils d’analyse des facteurs déterminants de la demande et d’efficacité des actions de promotion ou, tout du moins, semble encline à ne pas utiliser ces derniers. Il en résulte notamment une perte d’originalité du positionnement de marché, devant la concurrence de destinations qui développent des stratégies commerciales adaptées à chaque segment de marché et un développement de l’offre d’hébergement conduit par les opportunités (mécanismes de défiscalisation privilégiant les projets hôteliers haut de gamme et coûteux) et contraintes (problème foncier), au détriment de l’adéquation aux besoins du marché ; ainsi, les hôtels de moyenne gamme manquent encore en Polynésie. Tributaire de la qualité de son environnement, la Polynésie n’a toutefois pas de stratégie protectionniste en la matière et la population et les communes demeurent peu impliquées.

Une perliculture « auto-sinistrée»

Employant près de 5 000 personnes et procurant plus des trois quart des recettes d’exportations polynésiennes, la perliculture traverse une crise majeure que les mesures gouvernementales semblent insuffisantes à enrayer. Avec 9 122 kg de perles brutes exportées en 2008, soit une croissance de 20,2 % par rapport à 2007, la valeur des exportations tombe à 8 473 millions Fcfp, soit une baisse de 21,4 % par rapport à 2007.
La braderie se poursuit en 2009 et à la fi n du premier semestre, le prix au gramme de la perle atteint son plancher historique de 401 Fcfp, soit une baisse de 64,5 % par rapport au premier semestre 2008, alors que la fi lière maintient son chiffre d’affaires en accroissant les volumes vendus, pour éviter la faillite fi nancière.
Du côté de l’offre, les mécanismes de contrôle ne suffi sent pas à éviter la surproduction, accentuant le défaut de productivité en terme de pourcentage de réussite, taille, formes et qualité et à stopper la dégradation de la qualité environnementale des lagons de production ; la commercialisation reste anarchique, pas développée à l’international, peu traçable, multiple et soumise au duopole de distribution représenté par le Japon et la Chine ; la production reste inadaptée à la demande mondiale, avec une surabondance de perles trop foncées alors que le marché demande de la couleur… et la promotion a été brutalement arrêtée en octobre 2008 alors que les perles concurrentes (Australie, Indonésie, Chine, Japon, Philippines) menacent de devenir des produits de substitution.

La pêche hauturière désorganisée

Forte de plus de 5 000 emplois, le secteur ne décolle pas malgré de lourdes dépenses publiques depuis 1998, notamment pour la construction d’une flottille hauturière par la société d’économie mixte Tahiti Nui Rava’ai (TNR) et par la gestion du port de pêche via la société d’économie mixte du Port de Pêche (S3P) ; aucun des objectifs fi naux n’a été atteint, par défaut de contrôle interne et externe des activités de ces sociétés.
Depuis 2004, le diagnostic est implacablement le même. La filière hauturière souffre d’une totale désorganisation qui se traduit par des symptômes clairement identifiés : un manque de planification des campagnes de pêche, un déséquilibre entre pêche fraîche et congelée et des circuits de commercialisation sans cohérence ni structure.
Du côté des hommes, on déplore la pénurie de main d’oeuvre qualifiée, marins, mécaniciens ou capitaines, pour des métiers jugés toujours peu attractifs. Les conséquences de ces dysfonctionnements sont lourdes : un marché local saturé, des prix de vente trop bas qui ne couvrent pas ou à peine les charges des armateurs endettés, une fi lière export diffi cile à réactiver et des armements qui ont du mal à recruter. Les coûts élevés de production malgré les aides octroyées imposent de pratiquer des prix supérieurs aux cours internationaux, donc un positionnement sur des niches de forte valeur marchande. En 2008, outre la chute de la production, la fi lière a vu ses exportations chuter de 52 % par rapport à l’année précédente, pour atteindre le volume de 402 tonnes.

Une production d’énergie dépendante du pétrole importé

Ainsi, on parle beaucoup d’énergies renouvelables, mais on constate qu’il n’y a toujours pas de parcs éoliens reliés au réseau, toujours pas de développement de l’énergie solaire comparable à celui de pays pourtant moins bien dotés que la Polynésie en matière d’ensoleillement, toujours pas de tarifs de rachat du Kwt à des prix véritablement incitatifs, toujours pas de fi lière bio-diesel à base de coprah, même expérimentale, toujours pas de programme de soutien aux véhicules hybrides ou électriques, toujours pas de programmes urbanistiques tendant vers les bâtiments à bilan énergétique positif, (hormis l’initiative de l’OPH et son fare bioclimatique).

Avec un montant de l’ordre de 20 milliards Fcfp d’importations d’hydrocarbures par an, dont 44 % à destination de l’énergie électrique et 33 % à destination du transport terrestre, la Polynésie est dépendante de la disponibilité et du cours du pétrole, alors que les consommations sont en constante augmentation. La production électrique provient à 74 % d’énergies fossiles importées, tandis que 24 % est fournie par l’hydroélectricité, et 2 % par les autres énergies renouvelables ; ces deux dernières ne voient toutefois pas leur part augmenter, en dépit des objectifs fi xés dans la charte de l’énergie en 1998.
Dispersées entre différents ministères, les compétences publiques n’ont pas encore réussi à imposer un schéma de développement à long terme, et le développement repose sur un concessionnaire dont dépendent les projets et les prix.

Une industrie limitée au marché intérieur

Avec un chiffre d’affaires de plus de 70 milliards Fcfp, dont 37 % dans l’agroalimentaire, 25 % dans les biens intermédiaires (plastique, matériaux de construction), 19 % dans les biens de consommation (imprimerie, édition, bijouterie et biens d’équipement), l’industrie polynésienne ne peut survivre que dans les créneaux permettant une rentabilité sur un marché de faible volume ; peu compétitive à l’exportation en raison des coûts élevés de production, elle est de plus fortement dépendante des importations de matières premières et produits énergétiques et contribue au défi cit commercial ; centrée sur le marché local sur lequel elle est protégée, notamment via la taxe de développement local (TDL), elle résiste toutefois bien aux aléas de conjoncture et a connu une croissance des emplois de 5 % entre septembre 2007 et septembre 2008, avec un taux d’investissements supérieur à ceux observés dans les autres secteurs.

Une agriculture peu structurée

En dépit d’un climat tropical favorable à des cultures de haute valeur ajoutée et à des barrières douanières protectrices, l’agriculture souffre de handicaps structurels classant l’activité dans les secteurs à difficultés : indivision foncière, aménagement foncier coûteux, manque de qualifi cation et de formation des opérateurs, statut d’agriculteur quasi-inexistant, moyenne d’âge élevée, éloignement (coût du fret local et international), dépendance aux cours mondiaux des intrants, faiblesse des investissements structurants, absence de programmes face aux changements climatiques et retard en matière d’agriculture biologique. Le verdict se résume en quelques chiffres : 4,5 % de taux de couverture (hors coprahculture), avec 33 milliards Fcfp de défi cit commercial en 2008. La coprahculture doit sa survie aux pouvoirs publics qui, aux fi ns du maintien de la population dans les archipels, subventionne l’Huilerie de Tahiti, débouché principal pour la transformation du coprah, afi n que celle-ci maintienne un prix d’achat plancher aux producteurs, souvent bien au-dessus du cours mondial.

Une crise imposant la définition d’un modèle de développement

La crise conjoncturelle apporte l’opportunité d’établir un diagnostic des forces et faiblesses structurelles de l’économie et des secteurs d’activités et de rechercher les solutions pour un développement économique au bénéfi ce des Polynésiens. C’est l’objectif des états généraux, conduits au deuxième semestre 2009. Il s’agit notamment de trouver un modèle de développement, mettre en place les conditions nécessaires à une forme accrue d’autosuffi sance alimentaire et énergétique du pays, de fi xer les moyens à mettre en oeuvre pour assurer le développement de l’initiative privée, créatrice d’emplois et de trouver des actions de promotion à l’export des produits et services locaux. Il s’agit aussi de fi xer le cadre d’une fi scalité permettant au Pays de trouver le juste équilibre entre un nécessaire interventionnisme lié aux handicaps structurels de l’éloignement et de l’insularité, et la libre concurrence laissant le marché fi xer les prix selon les lois de l’offre et de la demande. Ces impératifs nécessitent l’accès à l’information publique et privée, aux fins d’élaborer des modèles macroéconomiques de diagnostic structurels des secteurs d’activité qui permettront l’élaboration de stratégies de développement. Les structures et outils sont déjà existants, mais il faut une volonté politique forte dans la conduite de ces travaux.

Du positif dans l’immobilier…

Si la construction privée a été perturbée en 2008 par la suspension des dispositifs des prêts à l’aménagement bonifiés (PAB) et des prêts à l’habitat bonifi és (PHB), arrivés à terme au 31 décembre 2007, engendrant un recul de l’octroi de prêts à l’habitat (12,1 milliards Fcfp en 2008, contre 16,9 milliards Fcfp en 2007), la reconduction des dispositifs en novembre 2008 a fortement stimulé l’investissement des ménages ; dès le dernier trimestre 2008, les crédits ont progressé de près de 3 milliards Fcfp. Le marché du logement se caractérise toujours par une inadéquation entre l’offre et la demande : le phénomène de décohabitation accroît la demande, évaluée à 2 000 logements nouveaux par an, tandis que l’offre de logements n’est pas adaptée aux ressources des ménages polynésiens. Cet état des lieux laisse des perspectives pour le marché du BTP, même si pour l’heure, l’objectif gouvernemental de construire 1 500 logements par an n’a jamais été atteint. Afi n d’optimiser les actions de l’OPH, actuellement en diffi cultés fi nancières suite au non recouvrement des loyers des occupants des logements sociaux, le Pays a décidé en 2008 de modifi er certaines dispositions du règlement intérieur de la Commission d’Attribution des aides au Logement (CAL), fondant les attributions sur des règles transparentes et objectives permettant l’adéquation entre la situation du demandeur et le type de logement proposé ; un modèle de grille d’évaluation a été établi en fonction de critères d’attribution prioritaires (niveau de revenus du ménage, situation socio-économique de la famille, souhait de la commune de relogement, conditions actuelles de logement) ; le Contrat de Projet entre l’État et le Pays signé en mai 2008 donne priorité au logement social. Le maintien des dispositifs de défi scalisation nationale et locale en 2009 ont également soutenu le secteur, même si la production de logement reste encore largement en deçà des objectifs. En 2008, sur près de 20 milliards Fcfp de base défi scalisable en loi locale, 3,2 milliards concerne la construction de logements intermédiaires pour la location, 4,7 milliards Fcfp la construction de parkings et 5,6 milliards les « autres constructions immobilières ».

… et le commerce alimentaire

Dans un contexte déprimé de consommation, les importations de produits alimentaires ont progressé de 2 % en 2008, cette dernière se recentrant sur les besoins prioritaires. Qualitativement toutefois, on note un changement de comportement des ménages, qui privilégient de plus en plus les produits moins onéreux voire « premier prix ». Le courant d’affaires a profi té à la grande distribution, qui optimise le rapport qualité/prix dans le panier de la ménagère. Ainsi, alors que le commerce a baissé ses effectifs de 5 % en 2008 (au 31 octobre), la grande distribution a augmenté ses effectifs salariés de 5,2 % sur la même période. Dans un contexte de tassement d’activité et d’effectifs (- 1,7 % en 2008), le commerce de proximité a opté pour une stratégie de positionnement orientée sur une offre produits diminuant plus avant le prix du panier de la ménagère, avec des produits adaptés aux besoins de la clientèle de leur zone de chalandise.
Les années à venir verront un grand bouleversement du secteur, allant dans le sens d’une concurrence élargie, supposée apporter une baisse des prix : en mars 2006, le conseil des ministres a autorisé l’implantation de deux hypermarchés : distants de deux kilomètres, les deux enseignes, Géant Casino et Carrefour, prévoient des surfaces commerciales respectives de 5 000 et 4 000 m2 ; doublant la surface de vente actuelle des grandes surfaces de la zone urbaine de Papeeete. La concurrence dans la grande distribution sera également renforcée dans la zone de Taravao, avec l’arrivée de deux nouveaux acteurs : un hypermarché Carrefour de 3 640 m2 et un supermarché d’une surface commerciale de 2 035 m2.

2009 confirme la crise


Les résultats 2009 confirment la crise, avec même souvent des baisses d’activité plus importantes que celles observées en 2008. Ainsi, le chiffre d’affaires des entreprises en prix constants (au prix de mars 2003), a diminué de 12,3 % au 30 juin 2009, alors qu’il avait baissé de 1,3 % en 2008 ; l’indice de l’emploi salarié dans le secteur marchand a chuté de 5,3 % au deuxième trimestre 2009 alors que la moyenne annuelle 2008 était plus modérée (voir encadré).
Tous les secteurs ont été touchés : le recul de la consommation des ménages a conduit à une baisse d’activité du secteur du commerce, même dans l’alimentaire : baisse de 3,5 % des importations alimentaires au 30 juin 2009 (alors que ces dernières avaient augmenté en 2008, l’alimentaire ayant été épargné), baisse de 0,1 % des importations de produits d’habillement au 30 juin 2009.
Baromètre de l’économie le nombre de voitures neuves particulières immatriculées a diminué de 32,5 % au 30 juin 2009, alors que la baisse était de - 23,2 % en 2008, la baisse chez les utilitaires passant de - 22,1 % à - 31,6 % sur la même période.
Le secteur du BTP se caractérise par une baisse de 20,9 % des importations de ciment au 30 juin 2009, contre - 9,8 % en moyenne 2008 ; l’investissement des entreprises est en recul et les importations de biens d’équipement affichent une décote de 11 % au 30 juin 2009, alors qu’elles étaient en hausse en 2008.
Les principales exportations poursuivent leur descente aux enfers : le prix de la perle en Fcfp au gramme chute de 64,5 % au 30 juin 2009, après une baisse de 16 % en 2008, le nombre total de touristes affiche - 25 % au 30 juin 2009, pour une baisse annuelle de 10 % en 2008 : même la croisière est touchée, avec une baisse de 46,2 % au 30 juin 2009 (contre une hausse de 1,7 % en 2008). À noter toutefois pêche et noni, qui voient leurs chiffres se redresser à l’export, avec + 20,7 % en valeur au 30 juin 2009 pour le noni (contre - 25,3 % en 2008) et + 17,7 % pour la pêche en valeur au 30 juin 2009 (contre - 43,4 % en 2008).

Selon les acteurs économiques, une perte de 5 000 emplois serait à craindre au 31 décembre 2009.

Des perspectives 2010 moroses…

La fragilisation de la santé financière des agents économiques laisse présager une importante restructuration des secteurs d’activité en 2010 : les entreprises qui auront su anticiper la modification de la demande et su prendre à temps les mesures d’adaptation des niveaux de charges à cette nouvelle donne pourront vraisemblablement survivre, au détriment de leurs concurrents, dont la gestion se sera révélée moins fine, ou dont les réserves financières auront été moins importantes ; les banques auront souvent un rôle décisif et ces dernières s’avouent déjà prudentes et attendent la sortie des bilans 2009 pour imposer des mesures de restructuration.



La banque SOFIDEP, qui a mis en place le dispositif de « prêt à la relance entreprise » (PRE) précise elle-même que ce prêt a pour vocation une aide aux difficultés conjoncturelle de trésorerie des entreprises, mais en aucun cas à des difficultés structurelles, liées au secteur d’activité ou à la qualité de la gestion de l’entreprise. L’impact sur l’emploi risque d’être important, car en 2008 et 2009, les contrats à durée limitée et les procédures de réduction du temps de travail ont permis de modérer le nombre de suppression d’emplois.

Plan de relance : l’espoir ?

Face à la crise, le Pays a mis en place un plan de relance, avec des mesures de soutien aux entreprises et à l’emploi via des aides et subventions, des projets de relance de la commande publique, et la mise en place d’un dispositif de médiation du crédit. Même si les dispositifs d’aides et subventions directes n’ont rien de nouveau, les enveloppes annuelles ont été augmentées et les taux de réalisation et de liquidation optimisés.
À partir d’août 2009, le Pays a accéléré la liquidation des crédits destinés aux marchés publics. En novembre 2009, près de 800 millions Fcfp d’investissements publics ont reçu un avis favorable et 14 projets de marchés ou d’avenants ont reçu un avis positif, pour une enveloppe de plus de 300 millions ; les commandes de l’Aviation Civile ont été particulièrement importantes.
Les mesures de relance de l’investissement des ménages dans l’immobilier, via les dispositifs de PAB (prêt à l’aménagement bonifi é) et de PHB (prêt à l’habitat bonifi é), ont conduit à un bon taux de liquidation des budgets attribués : au 31 octobre 2009, 230 dossiers PAB ont été accordés, pour un montant total octroyé de 725,8 millions Fcfp, soit 58 % de réalisation ; quant au PHB, 542 dossiers ont été autorisés à cette même date, représentant un total cumulé de 8,1 milliards Fcfp, soit 85,5 % de taux de réalisation.

Les mesures de soutien à l’emploi sont en progression constante : la convention relance emploi (CRE) qui vise à favoriser l’embauche d’une personne sans emploi, a été lancée en août 2009 : un budget de 1,5 million Fcfp a été liquidé, et ce sont 6,5 millions Fcfp qui ont été liquidés le mois suivant. Le contrat emploi durable (CED), mis en place pour la création d’emplois durables (aide sur 3 ans) présente une exécution en augmentation constante, de près de 470 millions Fcfp en janvier 2009 à 608 millions Fcfp en septembre 2009.
• L’Aide à la Création et au Développement d’Entreprises (ACDE), d’un montant plafonné à 2,5 millions Fcfp, dont l’objectif est de soutenir les porteurs de projets, tant à la création d’entreprise, souvent alternative à l’emploi salarié, qu’au développement d’investissements productifs dans les secteurs de l’artisanat traditionnel, les services et la transformation, dispose d’un budget de 127 millions Fcfp ; au 31 octobre 2009, 91,3 millions Fcfp ont été accordés, pour 264,5 millions d’investissements, soit 72 % de taux de réalisation.
• L’Aide aux Commerces de Proximité (ACP), d’un plafond de 1,5 millions Fcfp et 80 % du montant hors TVA de l’investissement, créée pour inciter les commerçants à rénover leurs points de vente, connaît un franc succès et a fait l’objet d’une augmentation de la dotation budgétaire ; à fin octobre 2009, 60,5 millions Fcfp de subventions avaient été accordés, générant 97,9 millions Fcfp d’investissements, au profi t essentiellement des métiers du bâtiment, soit 75 % de taux de réalisation.
• L’Aide à la Production Audiovisuelle et Cinématographique (APAC), créée pour favoriser l’émergence d’une fi lière audiovisuelle et cinématographique et valoriser le diversité du patrimoine polynésien, a réalisé 91 % de sa dotation annuelle 2009 au 31 octobre 2009, représentant une aide de 91 millions Fcfp, pour 740 millions Fcfp d’investissements.
• Le Soutien à l’Export (SCE) a aidé 45 entreprises à hauteur de 34,7 millions Fcfp en 2008 et subventionnera 68 demandes à hauteur de 37,35 millions Fcfp en 2009 ; 66 % du budget était réalisé au 31 octobre 2009. Le Prêt à la Relance Entreprise (PRE), créé pour des entreprises saines et viables mais présentant des difficultés conjoncturelles de trésorerie, par le biais d’un prêt de 1 à 10 millions Fcfp sur 5 à 8 ans, sans caution ni garantie ni frais de dossier, bénéfi cie d’une dotation de 500 millions Fcfp distribuée par la banque SOFIDEP. Au 31 octobre 2009, 9 dossiers étaient agréés, représentant 64 millions Fcfp de prêt permettant la sauvegarde de 146 emplois.

En octobre 2008, l’État a mis en place un plan de financement des banques afin que ces dernières puissent faire face à la crise. Ce plan s’articule autour de deux composantes :
• Un apport de liquidités à moyen terme via la Société de Financement de l’Economie Française dont l’enveloppe maximum de prêts est fi xée à 320 milliards d’euros ;
• Un renforcement des fonds propres des banques afin d’accroître leur capacité de distribution des crédits à hauteur de 40 milliards d’euros.
En contrepartie, les banques sollicitant les facilités de ce plan ont signé des conventions avec l’État dans lesquelles elles prennent l’engagement ferme d’augmenter de 3 à 4 % en rythme annuel leurs encours de prêts aux entreprises, notamment en faveur des PME et TPE, et aux particuliers. L’État a mis en place un dispositif visant à faciliter l’accès des entreprises au fi nancement, s’articulant notamment autour de la médiation du crédit auquel participe activement l’IEOM : il s’adresse plus particulièrement aux entreprises qui se sont vues imposer un refus de crédit ou une réduction des lignes de crédit accordées. La gamme de garanties et produits de financement de l’Agence Française de Développement (AFD) est destinée à renforcer les moyens financiers.

Les résultats de ce plan de relance permettent d’alléger le coût financier de la crise pour les entreprises mais une inévitable restructuration de tous les secteurs d’activité est à prévoir pour 2010.

Assurances

Le secteur disparate de l’assurance comprend :
• La branche IARD (assurances dommages des biens et des personnes) où l’assurance automobile représente 60 à 65 % du marché ;
• La branche « assurance vie » qui bénéfi - cie d’un engouement toujours réel, même si cette dernière se recentre sur les produits fi nanciers moins risqués.
On note que certains assureurs réalisent 50 à 75 % de leur CA IARD en automobile alors que d’autres n’atteignent que 30 %, ces derniers préférant se concentrer sur les gros risques (hôtels). Cette concurrence a généré une baisse des primes, mais certaines entreprises choisissent d’afficher un prix plus élevé moyennant une meilleure couverture des risques, et le marché reste encore à éduquer en matière de prévention des risques et respect des normes de sécurité. La clientèle « entreprises » demeure un créneau concurrentiel, en raison de la présence de courtiers qui proposent des produits d’assurance anglais ou américains. En raison de méthodes comptables différentes, ces courtiers n’apparaissent pas dans le classement par chiffres d’affaires, mais leur activité n’en est pas moins importante.
À noter l’accroissement de la part des banques dans l’apport d’affaires : les commissions étant fortes, la profitabilité n’est pas démontrée…

Ce secteur reste fragile, la loi des grands nombres n’étant pas toujours applicable en Polynésie (pour rappel, un sinistre corporel coûte en moyenne 150 à 300 MFcfp).

Bâtiment et Travaux Publics

Le secteur a souffert une nouvelle fois de la faiblesse de la commande publique, dont il dépend : - 17,9 % en 2008 par rapport à 2007, les principales baisses étant celles de la Direction de l’Équipement (- 25,2 %) et de l’Aviation Civile (- 26,5 %). Les principales réalisations concernent le réseau routier, permettant un maintien du chiffre d’affaires des leaders du secteur (hors Boyer).
Le bâtiment s’est appuyé comme l’an passé sur une demande privée encore en expansion, surtout portée par les ménages dans la construction de leur maison, même si celle-ci n’a pas permis d’enrayer la baisse des chiffres d’affaires. Les investisseurs privés ont fait preuve d’un certain attentisme dans un climat d’instabilité politique. Dans ce contexte, les perspectives de relance du bâtiment demeurent incertaines en l’absence de projets immobiliers d’envergure.


Industrie

Le secteur industriel (hors construction) représente 12 % du chiffre d’affaires total des entreprises assujetties à la déclaration de TVA du régime réel et 16 % de l’emploi salarié du secteur marchand enregistré à la CPS. Dominée par les petites structures, l’industrie polynésienne a enregistré une croissance de 4 % en valeur (entre septembre 2008 et septembre 2007). Parallèlement, l’emploi a augmenté de 5 %. Globalement cependant, les chiffres d’affaires des leaders affichent une stagnation en 2008 et les prévisions 2009 ne sont guère optimistes.

L’année a été médiocre pour l’agroalimentaire, les leaders (Brasserie de Tahiti, Pacific Beverage, Salaisons de Tahiti) affichant des stagnations de chiffres d’affaires en 2008, et prévoyant au mieux un maintien en 2009, sur un marché intérieur qui s’essouffle et face à une demande mondiale en baisse (1 % de baisse des exportations en volume et en valeur en 2008).
Le noni poursuit sa tendance baissière : après un recul de 39 % en 2007, causé par le désengagement du principal acheteur de la récolte de noni polynésien depuis deux ans (- 39,5 % en 2006), non rattrapable par les quelques producteurs locaux de purée et de jus, les exportations ont subi une nouvelle baisse de 25 % en volume en 2008, pour atteindre les 1 924 tonnes exportées.

L’industrie du monoï, représentant près de la moitié de l’industrie chimique, comprenant deux activités principales, la savonnerie et la parfumerie/cosmétique, a eu des résultats contrastés en 2008, en dépit d’une tendance positive ces dix dernières années, portée par les exportations : - 25 % pour les exportations de monoï, après un doublement en volume entre 1998 et 2007, et + 54 % pour celles des savons. L’avenir demeure ouvert pour les exportations de monoï à destination de l’industrie de la cosmétique naturelle, même s’il semble difficile de mettre en place une chaîne de production bio en raison du morcellement des zones de culture du coprah et du manque de moyens pour la mise en oeuvre des contrôles ; en fait, le monoï fi gure souvent chez les marchands adhérant au principe de commerce équitable ; il permet le maintien des populations dans les archipels éloignés dont doit provenir le coprah pour prétendre à l’appellation d’origine.

En bref sinon, la production d’huile de coprah a augmenté de 6 % en volume en 2008 (5 595 tonnes), l’industrie du bois, du papier et du carton a été en hausse (+ 21 % sur les trois premiers trimestres), celle de l’édition et de l’imprimerie en baisse de 3 % sur la même période, et la construction navale en hausse de 13 % grâce à des commandes de navires civils et une demande de réparations et entretien de bateaux polynésiens ou de passage.

Pêche

L’année 2008 signe la rechute de la production et des exportations, avec des baisses respectives de 13,5 % (dont - 18 % pour la pêche hauturière et - 15,5 % pour la pêche côtière) et 51,6 %. Les volumes sont respectivement de 7 519 tonnes et 402 tonnes. La production a souffert d’une chute des rendements de 20 %, même si le ratio moyen de captures (27 kilos de poissons pêchés pour 100 hameçons lâchés) reste supérieur à la moyenne de la période 2003-2005. La chute plus sévère des exportations s’explique par un écoulement prioritaire sur le marché local, notamment dans le secteur de la pêche fraiche dont le prix de vente est plus rémunérateur qu’à l’export ; les segments du congelé et du frais ont connu tous les deux des baisses de plus de 40 % à l’export en 2008. Afi n de se conformer aux exigences de la défi scalisation métropolitaine, la SEM Tahiti Nui Rava’i doit former de nombreux équipages polynésiens. Elle a fait appel en février 2009 à un capitaine de pêche japonais dont l’enseignement ouvrira des portes sur le marché nippon à l’export, très exigeant en terme de qualité.
Des maîtres de pêche taiwanais ont également été sollicités pour un programme de formation d’une durée d’un an.

Perliculture

Depuis plus de trois ans, les recettes d’exportations de la perle de culture brute, qui représentent plus de 90 % des débouchés de la production locale, ne cessent de régresser : - 21,4 % en 2008 (pour 10,6 millions Fcfp de recettes), alors que le volume a augmenté de 20,2 %, signifiant une chute du prix moyen au gramme de 35 %. L’année 2008 a été influencée par la suspension du Droit Spécifi que sur les Perles Exportées (DSPE) audernier trimestre de l’année, même si en fait nombre de professionnels estiment que des perles qui empruntaient auparavant un circuit informel ont rejoint la voie officielle.
Hong Kong demeure la place centrale du marché mondial et le principal client de la Polynésie (65 % des exportations polynésiennes en valeur), continuant à accroître ses parts de marché, au détriment du japon, qui a réduit ses achats de 59 % en valeur en 2008. La crise financière mondiale a atteint le marché des produits de luxe, et notamment celui de la bijouterie, même si le taux de croissance était encore positif en 2008, et surtout, la Polynésie doit faire face à de nombreuses difficultés structurelles au niveau de la production et de la commercialisation de la filière.

Commerce



Commerces de détail à dominante alimentaire :

Ce secteur est un des seuls à avoir maintenu son courant d’affaires en 2008, même s’il a cédé lui aussi à la crise en 2009. Carrefour SEGC (Punaauia, Arue) affiche un chiffre d’affaires de 21,392 milliards Fcfp en 2008, contre 20,607 milliards en 2007, et prévoit une baisse à 21,270 milliards en 2009.

Le commerce de gros à dominante alimentaire a suivi cette même tendance. Les grandes surfaces ont été le moteur de l’expansion ; leurs effectifs ont augmenté de 5,2 % en un an, alors que le secteur du commerce a perdu près de 500 emplois. Dans un contexte de baisse du pouvoir d’achat, les grandes surfaces ont élargi la gamme des produits de la marque de leur enseigne, moins coûteuse que les marques plus connues, ainsi que les gammes de produits moins chers. Cette croissance s’est effectuée au détriment du commerce de proximité, qui perd 1,7 % de ses effectifs, mais qui se recentre sur une offre plus adaptée aux besoins de la clientèle de leur zone de chalandise, et porteuse d’une baisse complémentaire du panier moyen de la ménagère.

Le paysage de la grande distribution s’apprête à vivre un bouleversement dans les années à venir, avec l’autorisation d’implantation de deux hypermarchés. Les deux projets (enseignes Géant Casino et Carrefour) prévoient des surfaces commerciales respectives de 5 000 m2 et 4 000 m2, doublant en quelques mois la surface de vente actuelle des grandes surfaces de la zone urbaine de Papeete. Lazone de Taravao verra quant-à-elle l’ouverture d‘un hypermarché Carrefour de 3 640 m2 et d’un supermarché de 2 035 m2.

Commerces de détail spécialisés :

Outre la forte concurrence locale illustrée par le très grand nombre de commerces, cette branche doit faire face à la frénésie des achats effectués par correspondance ou via Internet, qui a été favorisée par l’augmentation en 2007 de la franchise de taxes accordées aux colis (portée et maintenue à 30 000 Fcfp).
Le développement des structures commerciales s’est poursuivi en 2008, allant dans le sens d’un élargissement de l’offre et d’une diminution des prix, comme l’indique le nombre d’avis favorables attribués par la Commission d’implantation des grandes surfaces commerciales : ouverture à Faa’a d’une grande surface de 1 830 m2 dédiés au bricolage, projet d’implantation d’un grand magasin d’équipement de la personne de 800 m2 sous l’enseigne Tati (100 millions Fcfp d’investissement pour 20 emplois créés). Cette évolution s’effectue au détriment du petit commerce, la demande étant morose en 2008 et en recul plus marqué en 2009.

Informatique



Organisation du secteur

Il regroupe des acteurs aux métiers différents dont certains ne figurent pas au classement pour des raisons de montant de chiffre d’affaires, mais dont l’importance commerciale doit être soulignée. Ainsi, on trouve les constructeurs, comme IBM ou Bull, orientés sur le marché professionnel avec une clientèle de grands comptes à laquelle des solutions informatiques de marque propre sont apportées, les distributeurs commercialisant plusieurs marques à des clientèles à dominante professionnelle (ISS), grand public (Hyper Média, Télectronique) ou mixte (ITEM), et enfi n les prestataires de services, regroupant aussi bien des structures à orientation professionnelle comme IDT que des patentés ou structures spécialisés en conseil, formation, création de sites Internet ou logiciels sur mesure. L’analyse des chiffres d’affaires de ces différents acteurs doit tenir compte de la répartition entre les produits et les services : ainsi, la part du service estdominante chez les constructeurs vendeurs de solutions et chez les prestataires de services qui en font leur spécialité, tandis que la part des produits est dominante chez les distributeurs, d’autant plus que leur clientèle est orientée sur le grand public. On peut aussi retrouver un même produit comptabilisé chez le constructeur et chez le distributeur.

Chiffre d’affaires

Le marché stagne en 2008, car si les volumes vendus progressent (les clientèles grand public et jeunes offrent encore du potentiel), les prix diminuent, dans un contexte de concurrence accrue ; les leaders sont ceux qui parviennent à gérer leurs achats et stocks de manière optimale dans un contexte de renouvellement rapide de l’offre et de transparence accrue sur les produits et les prix (via Internet notamment), rendant le consommateur de plus en plus averti et exigeant. L’ouverture d’une surface de vente IVEA au centre Vaima en 2009 révèle cette nécessité de se trouver au centre de la demande, pour le segment « grand public ».

Informatisation des entreprises

Les dirigeants sont de moins en moins sensibles à la technologie mais recherchent maintenant des solutions tout en capitalisant sur les investissements déjà réalisés. La crise financière ne va qu’accentuer cet objectif de retour sur investissements. Le chef d’entreprise est en droit, en 2009, de bénéfi cier de plus d’intégration de la part de son système informatique (inventaires, catalogues, gestion optimale des ressources humaines, déclarations sociales et fiscales, tableaux de bord, mobilité, gestion des documents, suivi des actions commerciales, contrôle du service client, etc…).
En ces temps qui s’annoncent difficiles, l’heure est donc à la consolidation.

Produits pharmaceutiques

La croissance 2008 résulte d’un accroissement des volumes, dû essentiellement à l’augmentation des dépenses de santé ; les professionnels évoquent un marché encore en phase de croissance au niveau des volumes, même si les prévisions 2009 restent conservatrices, mais une tension sur les marges de l’offi cine ; le développement du secteur de la parapharmacie s’effectue à l’image de la Métropole et conserve un potentiel de développement ; parallèlement, les médicaments génériques, qui répondent à l’intérêt de tous les acteurs, prennent une part croissante dans les prescriptions.

Le débat de fonds soulevé par les baisses de prix - en fait celui de la baisse des coûts de la CPS - demeure toutefois encore ouvert, même si, malgré les croissances à deux chiffres des dépenses de santé ces dernières années, un habitant de Polynésie consomme deux fois moins de médicaments qu’un métropolitain. En dépit des défi cits cumulés de la CPS (9 milliards Fcfp de 2007 à 2009 et 7 milliards Fcfp supplémentaires prévus en 2010), aucun accord n’a pu être trouvé avec les professionnels de la santé, la proposition de baisser le ticket modérateur à 70 % au lieu des 80 % actuels ayant été refusée. Ce débat pose toute la problématique de la Protection Sociale Généralisée en Polynésie.

Automobile

Le secteur a connu une baisse signifi cative de son activité en 2008, illustrée par le repli des immatriculations de véhicules neufs, en chute de 7,5 % par rapport à 2007 ( pour 7 342 véhicules), tendance suivie en 2009 (voir supra). Les chiffres d’affaires des leaders affichent tous des baisses historiques : à titre d’exemple, SODIVA passe de 8,1 milliards Fcfp en 2007 à 7,8 milliards en 2008 et 6,5 milliards en 2009.
Comme dans les autres secteurs du commerce, la tendance est à l’achat de véhicules moins onéreux : on vend moins de berlines ou SUV, et même moins de pickups (ces derniers représentant encore le quart du parc automobile), la réglementation imposant des aménagements à l’arrière pour la sécurité des passagers supposant des frais supplémentaires sur des véhicules déjà coûteux.
Dans un contexte de baisse de pouvoir d’achat des ménages, les conditions d’accès au crédit se sont resserrées et le délai de renouvellement des véhicules serait passé de 3 à 5 ans à 6 ou 7 ans. Le marché de l’occasion bénéfi cie de la conjoncture de crise : il affiche une croissance de 5,1 % en 2008, pour un record de 12 418 voitures particulières.
La restructuration du secteur s’est traduite par le rachat du groupe Tahiti Motor Yet Sing, revendeur de la marque BMW depuis 40 ans, par le groupe CFAO en avril 2009. Filiale du groupe Pinault - Printemps - Redoute, c’est le premier groupe international à s’implanter dans le Pays.

Tourisme

Alors que le tourisme dans le monde connaît une croissance moyenne de 6 % ces dernières années (+ 8 % pour la zone Asie Pacifi que), la fréquentation touristique en Polynésie française peine à décoller (- 1,6 % en moyenne pour la période 2003-2008). En 2008, alors que la zone Asie-Pacifi que connaît une croissance de 2 %, la fréquentation touristique baisse de 10 %, passant tristement sous la barre symbolique des 200 000 touristes (196 496 contre 218 241 en 2007).

Le tourisme en 2008

• touristes américains (États-unis) :
54753 ; - 15,6 % (baisse la plus forte)
• touristes français : 42 374 ; - 1,8 % (- 2 800 « affinitaires » mais + 1 995 « payants »)
• touristes européens (hors France) : 40 464 ; - 3,7%
• touristes japonais : 18 769 ; - 19,2 %
• nombre de croisiéristes : + 1,7 % (le nombre de passagers représente à présent 22 % du nombre total de touristes, contre 20 % en 2006).
• Coefficient moyen d’occupation des chambres (hôtellerie classée) :
56,4 % (contre 60 % en 2007 et 66,4 % en 2006).
• durée moyenne de séjour : 13,2 jours.

Source : IEOM

Les compagnies aériennes internationales ont ajusté leurs coûts notamment par une réduction du nombre de rotations et de la capacité des avions desservant la Polynésie : le nombre de sièges offerts a ainsi diminué 9,3 % en 2008, devant une réduction du nombre de passagers de 8,4 %.

À court terme, la crise que subit actuellement le secteur touristique polynésien devrait s’intensifier. La singularité de la destination semble s’être épuisée ces dernières années et la baisse de fréquentation pourrait même entraîner de graves diffi cultés fi nancières pour la plupart des établissements. En vue de compenser cette évolution, le GIE Tahiti-Tourisme a renforcé sa promotion interne destinée aux résidents.

À long terme cependant, la diversification des activités proposées aux touristes (golf, spa, écotourisme…), la prospection de nouveaux marchés, notamment la Chine, où la Polynésie est agréée en tant que destination touristique depuis mars 2008, une activité promotionnelle plus intensive et surtout mieux ciblée par marché et le développement du tourisme nuptial rendu possible depuis fin 2009 pourraient renverser la tendance, à condition que les problèmes de compétitivité ne soient pas rédhibitoires.

Hôtellerie internationale : elle rassemble à la fois de grands groupes internationaux comme Starwood (Le Méridien, Saint Régis, Accor), Intercontinental, Le Radisson ou Club Méditerranée, et des entreprises locales, comme South Pacifi c Management (Pearl Resorts) ou Maitai (Bora Bora, Fakarava).
Après une année 2006 caractérisée par la mise sur le marché de nouveaux hôtels de standing élevé, et une pause en 2007, l’année 2008 a vu naître un nouvel hôtel à Bora Bora, le Four Season, avec plus d’une centaine de bungalows et 7 villas sur la plage.
Début 2009, deux établissements ont ouvert à Tahiti : l’un au centre de Papeete, le Tahiti Nui, avec 90 chambres, et l’autre à Punaauia, le Manava Suite Resort, avec plus d’une centaine d’unités d’hébergement.
À l’horizon 2010, un éco-hôtel de luxe avec 30 villas, « The Brando » devrait être inauguré, sur l’atoll de Tetiaroa.
De nouvelles orientations apparaissent, avec la construction des premières résidences hôtelières de luxe : on compte 50 villas à Moorea depuis début 2009 et à Bora Bora, un groupe américain a racheté l’Eden Beach, pour le transformer en ce sens.

Petite hôtellerie : avec 1 358 chambres fin 2008, soit une croissance de plus de 60 % dans la dernière décennie, la petite hôtellerie offre une meilleure couverture du territoire (34 îles) et occupe près d’un millier de personnes. Son défi majeur est la qualité et depuis 2006, la Fédération Haere Mai a entrepris une classifi cation selon des critères d’accueil, d’hygiène, de sécurité, de respect de l’environnement, de restauration, de confort et de gestion et fi n 2008, 69 petits hôtels avaient fait l’objet d’une classifi cation et 85 pensions de famille étaient en cours de classement.

Hôtellerie flottante : la capacité d’accueil est restée constante en 2008, avec 10 unités pour la flotte locale, dont 3 transportent plus de 90 % des croisiéristes, et d’autres navires, comme le Pacifi c Princess (342 cabines), le Tahiti Agressor (8 cabines), les yachts d’Archipels Croisières (6 voiliers de 4 cabines, les 3 navires de Bora Bora Cruise, dont l’un d’entre eux rencontre des diffi cultés fi nancières en 2009 et jusqu’en 2010, le Star Flyer (85 cabines).
Des paquebots non résidents viennent compléter cette offre.
Afin de consolider l’offre, le gouvernement polynésien a refondu fin 2005 toute sa réglementation et mis en place une série de dispositions incitatives. Depuis janvier 2008, les équipages étrangers ont la possibilité d’obtenir un visa long séjour leur évitant de sortir du territoire français pour en demander un nouveau. Il semble toutefois que la destination souffre encore de handicaps en la matière, par rapport aux destinations concurrentes.
Le départ du Tahitian Princess en décembre 2008 a entraîné une diminution de près de la moitié du nombre de croisiéristes et le départ du Star Flyer en 2010 risque d’aggraver la chute.

Yachting de luxe : marché de niche à haute rentabilité, il attise la convoitise de nombre de marinas et la Polynésie française a récemment revu sa réglementation (raccourcissement du délai d’obtention d’une licence, réduction de la fiscalité) pour recueillir une partie de cette manne.

Trafic aérien

 

Trafic international : les statistiques mondiales pour l’année 2008 affichent un recul de 1,6 % du trafic des passagers, ainsi qu’un recul du fret (- 4,6 %). Les compagnies aériennes adhérentes à l’IATA (Association Internationale de Transport Aérien, regroupant 95 % du trafi c mondial) auraient perdu 8 milliards US$ en raison de la crise mondiale et de la hausse du prix des carburants.
En Polynésie, l’offre de sièges s’est adaptée à la baisse du trafic, avec des baisses respectives de 9,3 % et 8,4 %, amenant une légère amélioration du coefficient moyen de remplissage (73,2 % en 2008). Principale compagnie à desservir la Polynésie française, avec plus des deux tiers de la capacité totale en 2008, Air Tahiti Nui (ATN) a comprimé son offre de siège de 9,5 %, mais doit faire face à un défi cit d’environ 5 milliards Fcfp ; elle a recentré son offre sur ses marchés historiques, l’Europe via la côte ouest des États-Unis et le Japon, abandonnant dès mars 2009 ma desserte de Sydney et de New-York. Depuis près de cinq ans, Air New Zealand a réduit de façon drastique son offre de sièges et en 2008, n’a conservé que deux vols hebdomadaires Auckland- Papeete.

Trafic intérieur : la desserte aérienne des archipels dépend d’un unique groupe, Air Tahiti, qui comporte 142 sièges ; le trafic a poursuivi sa baisse en 2008 ; le nombre de passagers a reculé de 10,8 %, et le nombre de sièges de 9,8 %, pour un coef- fi cient moyen de remplissage de 64,1 %.
Air Moorea (1/10 du trafi c de passagers) a perdu 41,4 % de son trafic, en raison de la concurrence de la desserte maritime et du crash aérien de 2007. Le fret aérien domestique a régressé de 6,8 %, après une année de stabilisation en 2007. Les résidents représentent 72 % du trafi c et la compagnie apparaît comme un outil majeur de désenclavement des archipels.

Énergie

La production et la distribution d’électricité en Polynésie sont de compétence communale. Les municipalités assurent ce service en régie ou le confi ent sous forme de concession ou de contrat de gérance à une entreprise. Sur le Territoire, la production thermo-électrique est largement concédée, directement ou par le biais de ses fi liales, à l’Électricité de Tahiti (EDT).
La production d’électricité a stagné en 2008, à 542 millions Kwh. L’hydroélectricité, qui représente près d’un tiers de l’électricité produite à Tahiti s’inscrit en retrait de 7,7 % en raison d’une pluviométrie plus faible. La consommation d’énergie s’est tassée, avec une moyenne annuelle de - 0,4 % ; la diminution de la consommation concerne l’électricité basse tension, à savoir les particuliers, affectés par la hausse des tarifs.
En dépit des objectifs fixés par la Charte de l’Energie, la part de l’hydroélectricité a baissé depuis 1998, passant de près de 50 % à 30 % actuellement. Le développement de l’énergie solaire est soutenu par les pouvoirs publics, même si les résultats pourraient être encore meilleurs ; pour 2009, le programme PHOTOM a été doté de 90 millions Fcfp destinés à l’aménagement de 70 nouveaux foyers, pour un total de foyers équipés d’environ 1 400 (sites isolés, essentiellement aux Tuamotu). La poursuite du programme Connectis, avec un apport de 240 millions Fcfp,servira à la construction de centrales hybrides dans les atolls de Ahe, Fakahina et Napuka (Tuamotu) et permettra le raccordement de 210 foyers (en sites connectés au réseau, permettant au particulier de réinjecter l’énergie produite et de baisser d’autant sa facture auprès de l’EDT).
La force de la houle est depuis peu exploitée, à titre expérimental sur le récif de Papara où est construite une centrale de 500 kwh. D’un coût de 350 millions Fcfp, le projet, mené à bien par la SEDEP (Société d’Études et de Développement Polynésienne), pourrait répondre aux besoins de 500 à 600 foyers.
Le gouvernement a créé une société d’économie mixte en 2007 pour produire de l’électricité grâce aux énergies renouvelables aux Tuamotu (îles non couvertes par Electra), Te Mau Ito Api, mais les résultats vont dépendre d’une réelle volonté politique d’agir.
Pour l’heure, on peut citer une réalisation privée qui donne la force de l’exemple : le système de climatisation dit SWAC (Sea Water Air Conditioning) utilisant l’eau de mer puisée à plus de 900 mètres de profondeur, mis en place en 2006 par l’hôtel Intercontinental, permet à l’établissement une économie de 90 % sur la consommation électrique de la climatisation.

Télécom



Internet

En 2008, le parc d’abonnés s’est accru de 15 % pour atteindre 28 746. Cette forte progression est surtout due à l’essor de l’ADSL, couvrant l’ensemble des cinq archipels de la Polynésie française et représentant désormais 96 % du parc. Les tarifs reste onéreux par rapport au marché mondial, même s’ils ont baissé de 70 % en cinq ans et en dépit de la mise en place en novembre 2008, de huit nouvelles offres forfaitaires appropriées aux besoins des différentes clientèles. Mana a par ailleurs lancé un service d’accès Internet sans fi l en haut débit, « Mana Spot(», dans un souci d’étoffer son offre en proposant de nouvelles prestations.
En janvier 2008, l’OPT a signé un contrat avec Alcatel-Lucent pour le déploiement d’un nouveau réseau de câble sous-marin à haut débit reliant Tahiti à Hawaii qui permettra l’accès à de nombreux services à des prix plus abordables. Le réseau baptisé Honotua, d’un coût s’élevant à près de 9 milliards Fcfp, sera composé d’une liaison internationale entre Tahiti et Hawaï (4 650 km) et d’une liaison locale (305 km) entre certaines îles polynésiennes.

Télévision par satellite

En 2008, TNS comptait 21 568 abonnés, un nombre en léger recul par rapport à 2007. La société a procédé en fi n d’année à une simplifi cation de ses offres, passant de neuf formules d’abonnement à cinq packs.

Téléphonie portable

Tikiphone reste le seul opérateur fin novembre 2009 ; fin 2008, il totalisait 187 000 abonnés, soit 10 % de plus que l’année précédente. La couverture du réseau s’est encore étendue et atteint 97 % fi n 2008. Afin d’offrir des services multimédia de troisième génération, Tikiphone a déployé un réseau 3G+ sur la zone urbaine de Tahiti. En 2008, le gouvernement a accordé l’autorisation à une seconde société d’exploiter un réseau de téléphonie mobile. En partenariat avec le groupe Nokia Siemens, Mara Telecom souhaite offrir aux usagers l’accès à un nouveau type de réseaux de télécommunications mobiles, les réseaux 3G, qui faciliteront le développement de l’internet mobile ; le plan de fi nancement reste toutefois à finaliser ; l’ouverture à la concurrence a attiré deux autres opérateurs (groupes Digicel et Vodafone), mais pour l’heure les dossiers sont encore à l’étude.

Florence MAYOT
HEC Consultante

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