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Palmarès et bilan économique
Bilan économique 2008 :Dixit 2009-2010
![]() L’activité économique a connu un ralentissement en 2008, avec une baisse du chiffre d’affaires des entreprises de 1,3 % (de déc à déc) en francs constants, une chute de 3 % de l’emploi (effectif salarié CPS en glissement annuel fin décembre 2008), un taux d’inflation de 3,4 % touchant des secteurs sensibles comme l’alimentation (+ 4,3%), les compagnies aériennes (+ 13,3 %) et l’OPT (+ 11 %), et une aggravation du déficit commercial, qui passe de - 143,9 milliards Fcfp en 2007 à - 159, 7 milliards en 2008. Les résultats 2009 confi rment la crise, à la fois structurelle et conjoncturelle, et les perspectives pour 2010, plutôt pessismistes, montrent les limites du plan de relance mis en place et appellent à la restructuration de tous les secteurs. En 2008, les principaux moteurs de la
croissance sont restés en panne : baisse
de la consommation des ménages, baisse
de la commande publique, attentisme de
l’investissement privé.
Un contexte international en criseMême si l’économie polynésienne dispose de stabilisateurs économiques, notamment les transferts publics de l’État (29 % du PIB) et une part importante d’emplois salariés dans le secteur public (près d’un tiers des effectifs salariés déclarés à la CPS), elle n’échappe pas à la crise mondiale : les secteurs exportateurs (tourisme, perle, agro-alimentaire) connaissent une chute de la demande, tant en volume qu’en valeur ; les importations quant à elles suivent l’infl ation des principaux pays partenaires (coeffi cient de corrélation de 0,8 entre l’indice des prix intérieurs et la moyenne des indices de prix des principaux pays partenaires sur la période 2003-2008) ; ainsi, en dépit de l’intervention du Pays dans le contrôle des prix, l’augmentation du prix du baril de pétrole, répercutée à partir de juillet 2008, a provoqué une forte augmentation des prix, freinant la consommation des ménages, moteur essentiel de la croissance du PIB, et fragilisant les entreprises et l’emploi. Une crise structurelle purement localeDes institutions en crise2008 matérialise le début d’une nouvelle ère dans les relations avec l’État : l’année voit la mise en oeuvre des réformes diligentées dans le cadre de la révision générale des politiques publiques, qui s’est traduite par la réforme de l’indemnité temporaire de retraite et par l’annonce du retrait progressif d’une partie des forces armées installées dans le Pays. Avec un total de 167,8 milliards Fcfp de dépenses directes de l’État et des établissements publics nationaux (soit - 1,03 % par rapport à 2007 mais + 5,19 % par rapport à 2006), dont 21,39 milliards (12,75 %) consacré au développement économique via essentiellement la convention pour le renforcement de l’autonomie économique de la Polynésie française, incluant la dotation globale de développement économique (DGDE) et l’ex-FREPF, et le maintien du dispositif de défiscalisation nationale représentant 68,2 milliards de Fcfp en 2008 (contre 27,2 milliards de Fcfp en 2007), l’État confirme son engagement financier, mais impose des contrôles et laisse au Pays la responsabilité de développer ses projets structurants. Il incombe à ce dernier de mettre en place les moyens nécessaires à ce développement, selon un modèle qui reste à définir. La crise des institutions polynésiennes freine cet élan : la succession des gouvernements rend délicat le suivi des dossiers, retarde l’exécution des projets votés (les crédits restent inemployés par manque de maîtrise des flux de dépenses) et ralentit la sortie de nouveaux projets, en dépit du contrat de projets État-Pays 2008-2013 favorable à la relance de la commande publique : sur 52 milliards Fcfp d’investissements contractualisés sur cinq ans, dont 21 à la charge de l’État, 650 millions Fcfp ont été programmés en 2008 et l’année 2009 n’a pas connu l’impulsion attendue, générant une crise dans le secteur du BTP. Des secteurs clés insuffisamment structurésUn tourisme sans plan de développement stratégique à long termePremière ressource économique avec un
chiffre d’affaires de 42 milliards Fcfp, le
tourisme affiche des résultats très mauvais
malgré d’importants investissements
consentis depuis une décennie, tant en termes
de développement d’offre d’hébergement
qu’en termes de commercialisation et
de promotion : 196 496 visiteurs en 2008,
soit une baisse de 10 % par rapport à 2007,
baisse de 25 % sur les six premiers mois
2009 et perte de plus de 31 000 touristes
au 30 septembre 2009.
Une perliculture « auto-sinistrée»Employant près de 5 000 personnes et
procurant plus des trois quart des recettes
d’exportations polynésiennes, la perliculture
traverse une crise majeure que les mesures
gouvernementales semblent insuffisantes
à enrayer. Avec 9 122 kg de perles brutes
exportées en 2008, soit une croissance de
20,2 % par rapport à 2007, la valeur des exportations
tombe à 8 473 millions Fcfp, soit
une baisse de 21,4 % par rapport à 2007. La pêche hauturière désorganiséeForte de plus de 5 000 emplois, le secteur
ne décolle pas malgré de lourdes dépenses
publiques depuis 1998, notamment pour la
construction d’une flottille hauturière par la
société d’économie mixte Tahiti Nui Rava’ai
(TNR) et par la gestion du port de pêche
via la société d’économie mixte du Port de
Pêche (S3P) ; aucun des objectifs fi naux n’a
été atteint, par défaut de contrôle interne
et externe des activités de ces sociétés.
Une production d’énergie dépendante du pétrole importéAinsi, on parle beaucoup d’énergies renouvelables, mais on constate qu’il n’y a toujours pas de parcs éoliens reliés au réseau, toujours pas de développement de l’énergie solaire comparable à celui de pays pourtant moins bien dotés que la Polynésie en matière d’ensoleillement, toujours pas de tarifs de rachat du Kwt à des prix véritablement incitatifs, toujours pas de fi lière bio-diesel à base de coprah, même expérimentale, toujours pas de programme de soutien aux véhicules hybrides ou électriques, toujours pas de programmes urbanistiques tendant vers les bâtiments à bilan énergétique positif, (hormis l’initiative de l’OPH et son fare bioclimatique). Avec un montant de l’ordre de 20 milliards
Fcfp d’importations d’hydrocarbures
par an, dont 44 % à destination de
l’énergie électrique et 33 % à destination
du transport terrestre, la Polynésie est dépendante
de la disponibilité et du cours
du pétrole, alors que les consommations
sont en constante augmentation. La production
électrique provient à 74 % d’énergies
fossiles importées, tandis que 24 %
est fournie par l’hydroélectricité, et 2 %
par les autres énergies renouvelables ;
ces deux dernières ne voient toutefois pas
leur part augmenter, en dépit des objectifs
fi xés dans la charte de l’énergie en 1998.
Une industrie limitée au marché intérieurAvec un chiffre d’affaires de plus de 70 milliards Fcfp, dont 37 % dans l’agroalimentaire, 25 % dans les biens intermédiaires (plastique, matériaux de construction), 19 % dans les biens de consommation (imprimerie, édition, bijouterie et biens d’équipement), l’industrie polynésienne ne peut survivre que dans les créneaux permettant une rentabilité sur un marché de faible volume ; peu compétitive à l’exportation en raison des coûts élevés de production, elle est de plus fortement dépendante des importations de matières premières et produits énergétiques et contribue au défi cit commercial ; centrée sur le marché local sur lequel elle est protégée, notamment via la taxe de développement local (TDL), elle résiste toutefois bien aux aléas de conjoncture et a connu une croissance des emplois de 5 % entre septembre 2007 et septembre 2008, avec un taux d’investissements supérieur à ceux observés dans les autres secteurs. Une agriculture peu structuréeEn dépit d’un climat tropical favorable à des cultures de haute valeur ajoutée et à des barrières douanières protectrices, l’agriculture souffre de handicaps structurels classant l’activité dans les secteurs à difficultés : indivision foncière, aménagement foncier coûteux, manque de qualifi cation et de formation des opérateurs, statut d’agriculteur quasi-inexistant, moyenne d’âge élevée, éloignement (coût du fret local et international), dépendance aux cours mondiaux des intrants, faiblesse des investissements structurants, absence de programmes face aux changements climatiques et retard en matière d’agriculture biologique. Le verdict se résume en quelques chiffres : 4,5 % de taux de couverture (hors coprahculture), avec 33 milliards Fcfp de défi cit commercial en 2008. La coprahculture doit sa survie aux pouvoirs publics qui, aux fi ns du maintien de la population dans les archipels, subventionne l’Huilerie de Tahiti, débouché principal pour la transformation du coprah, afi n que celle-ci maintienne un prix d’achat plancher aux producteurs, souvent bien au-dessus du cours mondial. Une crise imposant la définition d’un modèle de développementLa crise conjoncturelle apporte l’opportunité d’établir un diagnostic des forces et faiblesses structurelles de l’économie et des secteurs d’activités et de rechercher les solutions pour un développement économique au bénéfi ce des Polynésiens. C’est l’objectif des états généraux, conduits au deuxième semestre 2009. Il s’agit notamment de trouver un modèle de développement, mettre en place les conditions nécessaires à une forme accrue d’autosuffi sance alimentaire et énergétique du pays, de fi xer les moyens à mettre en oeuvre pour assurer le développement de l’initiative privée, créatrice d’emplois et de trouver des actions de promotion à l’export des produits et services locaux. Il s’agit aussi de fi xer le cadre d’une fi scalité permettant au Pays de trouver le juste équilibre entre un nécessaire interventionnisme lié aux handicaps structurels de l’éloignement et de l’insularité, et la libre concurrence laissant le marché fi xer les prix selon les lois de l’offre et de la demande. Ces impératifs nécessitent l’accès à l’information publique et privée, aux fins d’élaborer des modèles macroéconomiques de diagnostic structurels des secteurs d’activité qui permettront l’élaboration de stratégies de développement. Les structures et outils sont déjà existants, mais il faut une volonté politique forte dans la conduite de ces travaux. Du positif dans l’immobilier…Si la construction privée a été perturbée en 2008 par la suspension des dispositifs des prêts à l’aménagement bonifiés (PAB) et des prêts à l’habitat bonifi és (PHB), arrivés à terme au 31 décembre 2007, engendrant un recul de l’octroi de prêts à l’habitat (12,1 milliards Fcfp en 2008, contre 16,9 milliards Fcfp en 2007), la reconduction des dispositifs en novembre 2008 a fortement stimulé l’investissement des ménages ; dès le dernier trimestre 2008, les crédits ont progressé de près de 3 milliards Fcfp. Le marché du logement se caractérise toujours par une inadéquation entre l’offre et la demande : le phénomène de décohabitation accroît la demande, évaluée à 2 000 logements nouveaux par an, tandis que l’offre de logements n’est pas adaptée aux ressources des ménages polynésiens. Cet état des lieux laisse des perspectives pour le marché du BTP, même si pour l’heure, l’objectif gouvernemental de construire 1 500 logements par an n’a jamais été atteint. Afi n d’optimiser les actions de l’OPH, actuellement en diffi cultés fi nancières suite au non recouvrement des loyers des occupants des logements sociaux, le Pays a décidé en 2008 de modifi er certaines dispositions du règlement intérieur de la Commission d’Attribution des aides au Logement (CAL), fondant les attributions sur des règles transparentes et objectives permettant l’adéquation entre la situation du demandeur et le type de logement proposé ; un modèle de grille d’évaluation a été établi en fonction de critères d’attribution prioritaires (niveau de revenus du ménage, situation socio-économique de la famille, souhait de la commune de relogement, conditions actuelles de logement) ; le Contrat de Projet entre l’État et le Pays signé en mai 2008 donne priorité au logement social. Le maintien des dispositifs de défi scalisation nationale et locale en 2009 ont également soutenu le secteur, même si la production de logement reste encore largement en deçà des objectifs. En 2008, sur près de 20 milliards Fcfp de base défi scalisable en loi locale, 3,2 milliards concerne la construction de logements intermédiaires pour la location, 4,7 milliards Fcfp la construction de parkings et 5,6 milliards les « autres constructions immobilières ». … et le commerce alimentaire Dans un contexte déprimé de consommation,
les importations de produits alimentaires
ont progressé de 2 % en 2008, cette
dernière se recentrant sur les besoins prioritaires.
Qualitativement toutefois, on note un
changement de comportement des ménages,
qui privilégient de plus en plus les produits
moins onéreux voire « premier prix ». Le courant
d’affaires a profi té à la grande distribution,
qui optimise le rapport qualité/prix dans
le panier de la ménagère. Ainsi, alors que le
commerce a baissé ses effectifs de 5 % en 2008 (au 31 octobre), la grande distribution
a augmenté ses effectifs salariés de 5,2 %
sur la même période. Dans un contexte de
tassement d’activité et d’effectifs (- 1,7 % en
2008), le commerce de proximité a opté pour
une stratégie de positionnement orientée
sur une offre produits diminuant plus avant
le prix du panier de la ménagère, avec des
produits adaptés aux besoins de la clientèle
de leur zone de chalandise.
2009 confirme la crise![]() Les résultats 2009 confirment la crise, avec
même souvent des baisses d’activité plus
importantes que celles observées en 2008.
Ainsi, le chiffre d’affaires des entreprises en
prix constants (au prix de mars 2003), a diminué
de 12,3 % au 30 juin 2009, alors qu’il
avait baissé de 1,3 % en 2008 ; l’indice de
l’emploi salarié dans le secteur marchand a
chuté de 5,3 % au deuxième trimestre 2009
alors que la moyenne annuelle 2008 était
plus modérée (voir encadré).
Selon les acteurs économiques, une perte de 5 000 emplois serait à craindre au 31 décembre 2009. Des perspectives 2010 moroses…La fragilisation de la santé financière des
agents économiques laisse présager une
importante restructuration des secteurs
d’activité en 2010 : les entreprises qui
auront su anticiper la modification de la
demande et su prendre à temps les mesures
d’adaptation des niveaux de charges
à cette nouvelle donne pourront vraisemblablement
survivre, au détriment de leurs
concurrents, dont la gestion se sera révélée
moins fine, ou dont les réserves financières
auront été moins importantes ; les banques
auront souvent un rôle décisif et ces dernières
s’avouent déjà prudentes et attendent
la sortie des bilans 2009 pour imposer des
mesures de restructuration. Plan de relance : l’espoir ?Face à la crise, le Pays a mis en place un plan
de relance, avec des mesures de soutien aux
entreprises et à l’emploi via des aides et subventions,
des projets de relance de la commande
publique, et la mise en place d’un
dispositif de médiation du crédit. Même si
les dispositifs d’aides et subventions directes
n’ont rien de nouveau, les enveloppes annuelles
ont été augmentées et les taux de
réalisation et de liquidation optimisés.
Les mesures de soutien à l’emploi sont en
progression constante : la convention relance
emploi (CRE) qui vise à favoriser l’embauche
d’une personne sans emploi, a été
lancée en août 2009 : un budget de 1,5 million
Fcfp a été liquidé, et ce sont 6,5 millions
Fcfp qui ont été liquidés le mois suivant. Le
contrat emploi durable (CED), mis en place
pour la création d’emplois durables (aide
sur 3 ans) présente une exécution en augmentation
constante, de près de 470 millions
Fcfp en janvier 2009 à 608 millions
Fcfp en septembre 2009.
En octobre 2008, l’État a mis en place un
plan de financement des banques afin
que ces dernières puissent faire face à la
crise. Ce plan s’articule autour de deux
composantes :
Les résultats de ce plan de relance permettent d’alléger le coût financier de la crise pour les entreprises mais une inévitable restructuration de tous les secteurs d’activité est à prévoir pour 2010. AssurancesLe secteur disparate de l’assurance
comprend :
Ce secteur reste fragile, la loi des grands nombres n’étant pas toujours applicable en Polynésie (pour rappel, un sinistre corporel coûte en moyenne 150 à 300 MFcfp).
Bâtiment et Travaux Publics![]() Le secteur a souffert une nouvelle fois
de la faiblesse de la commande publique,
dont il dépend : - 17,9 % en 2008
par rapport à 2007, les principales baisses
étant celles de la Direction de l’Équipement
(- 25,2 %) et de l’Aviation Civile
(- 26,5 %). Les principales réalisations
concernent le réseau routier, permettant
un maintien du chiffre d’affaires des
leaders du secteur (hors Boyer).
IndustrieLe secteur industriel (hors construction) représente 12 % du chiffre d’affaires total des entreprises assujetties à la déclaration de TVA du régime réel et 16 % de l’emploi salarié du secteur marchand enregistré à la CPS. Dominée par les petites structures, l’industrie polynésienne a enregistré une croissance de 4 % en valeur (entre septembre 2008 et septembre 2007). Parallèlement, l’emploi a augmenté de 5 %. Globalement cependant, les chiffres d’affaires des leaders affichent une stagnation en 2008 et les prévisions 2009 ne sont guère optimistes. L’année a été médiocre pour l’agroalimentaire,
les leaders (Brasserie de Tahiti, Pacific Beverage, Salaisons de Tahiti) affichant
des stagnations de chiffres d’affaires en
2008, et prévoyant au mieux un maintien
en 2009, sur un marché intérieur qui s’essouffle et face à une demande mondiale
en baisse (1 % de baisse des exportations
en volume et en valeur en 2008).
L’industrie du monoï, représentant près de la moitié de l’industrie chimique, comprenant deux activités principales, la savonnerie et la parfumerie/cosmétique, a eu des résultats contrastés en 2008, en dépit d’une tendance positive ces dix dernières années, portée par les exportations : - 25 % pour les exportations de monoï, après un doublement en volume entre 1998 et 2007, et + 54 % pour celles des savons. L’avenir demeure ouvert pour les exportations de monoï à destination de l’industrie de la cosmétique naturelle, même s’il semble difficile de mettre en place une chaîne de production bio en raison du morcellement des zones de culture du coprah et du manque de moyens pour la mise en oeuvre des contrôles ; en fait, le monoï fi gure souvent chez les marchands adhérant au principe de commerce équitable ; il permet le maintien des populations dans les archipels éloignés dont doit provenir le coprah pour prétendre à l’appellation d’origine. En bref sinon, la production d’huile de coprah a augmenté de 6 % en volume en 2008 (5 595 tonnes), l’industrie du bois, du papier et du carton a été en hausse (+ 21 % sur les trois premiers trimestres), celle de l’édition et de l’imprimerie en baisse de 3 % sur la même période, et la construction navale en hausse de 13 % grâce à des commandes de navires civils et une demande de réparations et entretien de bateaux polynésiens ou de passage. PêcheL’année 2008 signe la rechute de la production
et des exportations, avec des baisses
respectives de 13,5 % (dont - 18 %
pour la pêche hauturière et - 15,5 % pour
la pêche côtière) et 51,6 %. Les volumes
sont respectivement de 7 519 tonnes
et 402 tonnes. La production a souffert
d’une chute des rendements de 20 %,
même si le ratio moyen de captures (27
kilos de poissons pêchés pour 100 hameçons
lâchés) reste supérieur à la moyenne
de la période 2003-2005. La chute plus
sévère des exportations s’explique par un
écoulement prioritaire sur le marché local,
notamment dans le secteur de la pêche
fraiche dont le prix de vente est plus rémunérateur
qu’à l’export ; les segments
du congelé et du frais ont connu tous
les deux des baisses de plus de 40 % à
l’export en 2008. Afi n de se conformer aux
exigences de la défi scalisation métropolitaine,
la SEM Tahiti Nui Rava’i doit former
de nombreux équipages polynésiens. Elle
a fait appel en février 2009 à un capitaine
de pêche japonais dont l’enseignement
ouvrira des portes sur le marché nippon à
l’export, très exigeant en terme de qualité.
PerlicultureDepuis plus de trois ans, les recettes
d’exportations de la perle de culture
brute, qui représentent plus de 90 % des
débouchés de la production locale, ne
cessent de régresser : - 21,4 % en 2008
(pour 10,6 millions Fcfp de recettes), alors
que le volume a augmenté de 20,2 %,
signifiant une chute du prix moyen au
gramme de 35 %. L’année 2008 a été influencée par la suspension du Droit Spécifi
que sur les Perles Exportées (DSPE) audernier trimestre de l’année, même si en
fait nombre de professionnels estiment que
des perles qui empruntaient auparavant un
circuit informel ont rejoint la voie officielle.
CommerceCommerces de détail à dominante alimentaire :Ce secteur est un des seuls à avoir maintenu son courant d’affaires en 2008, même s’il a cédé lui aussi à la crise en 2009. Carrefour SEGC (Punaauia, Arue) affiche un chiffre d’affaires de 21,392 milliards Fcfp en 2008, contre 20,607 milliards en 2007, et prévoit une baisse à 21,270 milliards en 2009.
Le commerce
de gros à dominante alimentaire a suivi
cette même tendance. Les grandes surfaces ont été le moteur de
l’expansion ; leurs effectifs ont augmenté
de 5,2 % en un an, alors que le secteur du
commerce a perdu près de 500 emplois.
Dans un contexte de baisse du pouvoir
d’achat, les grandes surfaces ont élargi la
gamme des produits de la marque de leur
enseigne, moins coûteuse que les marques
plus connues, ainsi que les gammes
de produits moins chers. Cette croissance
s’est effectuée au détriment du commerce
de proximité, qui perd 1,7 % de ses effectifs,
mais qui se recentre sur une offre plus
adaptée aux besoins de la clientèle de
leur zone de chalandise, et porteuse d’une
baisse complémentaire du panier moyen
de la ménagère. ![]() Le paysage de la grande distribution s’apprête à vivre un bouleversement dans les années à venir, avec l’autorisation d’implantation de deux hypermarchés. Les deux projets (enseignes Géant Casino et Carrefour) prévoient des surfaces commerciales respectives de 5 000 m2 et 4 000 m2, doublant en quelques mois la surface de vente actuelle des grandes surfaces de la zone urbaine de Papeete. Lazone de Taravao verra quant-à-elle l’ouverture d‘un hypermarché Carrefour de 3 640 m2 et d’un supermarché de 2 035 m2. Commerces de détail spécialisés :Outre la forte concurrence locale illustrée
par le très grand nombre de commerces,
cette branche doit faire face à la frénésie
des achats effectués par correspondance
ou via Internet, qui a été favorisée par
l’augmentation en 2007 de la franchise
de taxes accordées aux colis (portée et
maintenue à 30 000 Fcfp).
InformatiqueOrganisation du secteur![]() Il regroupe des acteurs aux métiers différents dont certains ne figurent pas au classement pour des raisons de montant de chiffre d’affaires, mais dont l’importance commerciale doit être soulignée. Ainsi, on trouve les constructeurs, comme IBM ou Bull, orientés sur le marché professionnel avec une clientèle de grands comptes à laquelle des solutions informatiques de marque propre sont apportées, les distributeurs commercialisant plusieurs marques à des clientèles à dominante professionnelle (ISS), grand public (Hyper Média, Télectronique) ou mixte (ITEM), et enfi n les prestataires de services, regroupant aussi bien des structures à orientation professionnelle comme IDT que des patentés ou structures spécialisés en conseil, formation, création de sites Internet ou logiciels sur mesure. L’analyse des chiffres d’affaires de ces différents acteurs doit tenir compte de la répartition entre les produits et les services : ainsi, la part du service estdominante chez les constructeurs vendeurs de solutions et chez les prestataires de services qui en font leur spécialité, tandis que la part des produits est dominante chez les distributeurs, d’autant plus que leur clientèle est orientée sur le grand public. On peut aussi retrouver un même produit comptabilisé chez le constructeur et chez le distributeur. Chiffre d’affairesLe marché stagne en 2008, car si les volumes vendus progressent (les clientèles grand public et jeunes offrent encore du potentiel), les prix diminuent, dans un contexte de concurrence accrue ; les leaders sont ceux qui parviennent à gérer leurs achats et stocks de manière optimale dans un contexte de renouvellement rapide de l’offre et de transparence accrue sur les produits et les prix (via Internet notamment), rendant le consommateur de plus en plus averti et exigeant. L’ouverture d’une surface de vente IVEA au centre Vaima en 2009 révèle cette nécessité de se trouver au centre de la demande, pour le segment « grand public ».
Informatisation des entreprisesLes dirigeants sont de moins en moins
sensibles à la technologie mais recherchent
maintenant des solutions tout
en capitalisant sur les investissements
déjà réalisés. La crise financière ne va
qu’accentuer cet objectif de retour sur
investissements. Le chef d’entreprise
est en droit, en 2009, de bénéfi cier de
plus d’intégration de la part de son
système informatique (inventaires,
catalogues, gestion optimale des ressources
humaines, déclarations sociales
et fiscales, tableaux de bord, mobilité,
gestion des documents, suivi des actions
commerciales, contrôle du service
client, etc…). Produits pharmaceutiques![]() La croissance 2008 résulte d’un accroissement des volumes, dû essentiellement à l’augmentation des dépenses de santé ; les professionnels évoquent un marché encore en phase de croissance au niveau des volumes, même si les prévisions 2009 restent conservatrices, mais une tension sur les marges de l’offi cine ; le développement du secteur de la parapharmacie s’effectue à l’image de la Métropole et conserve un potentiel de développement ; parallèlement, les médicaments génériques, qui répondent à l’intérêt de tous les acteurs, prennent une part croissante dans les prescriptions. Le débat de fonds soulevé par les baisses de prix - en fait celui de la baisse des coûts de la CPS - demeure toutefois encore ouvert, même si, malgré les croissances à deux chiffres des dépenses de santé ces dernières années, un habitant de Polynésie consomme deux fois moins de médicaments qu’un métropolitain. En dépit des défi cits cumulés de la CPS (9 milliards Fcfp de 2007 à 2009 et 7 milliards Fcfp supplémentaires prévus en 2010), aucun accord n’a pu être trouvé avec les professionnels de la santé, la proposition de baisser le ticket modérateur à 70 % au lieu des 80 % actuels ayant été refusée. Ce débat pose toute la problématique de la Protection Sociale Généralisée en Polynésie.
Automobile![]() Le secteur a connu une baisse signifi cative
de son activité en 2008, illustrée par
le repli des immatriculations de véhicules
neufs, en chute de 7,5 % par rapport à
2007 ( pour 7 342 véhicules), tendance
suivie en 2009 (voir supra). Les chiffres
d’affaires des leaders affichent tous des
baisses historiques : à titre d’exemple,
SODIVA passe de 8,1 milliards Fcfp en
2007 à 7,8 milliards en 2008 et 6,5 milliards
en 2009.
TourismeAlors que le tourisme dans le monde connaît une croissance moyenne de 6 % ces dernières années (+ 8 % pour la zone Asie Pacifi que), la fréquentation touristique en Polynésie française peine à décoller (- 1,6 % en moyenne pour la période 2003-2008). En 2008, alors que la zone Asie-Pacifi que connaît une croissance de 2 %, la fréquentation touristique baisse de 10 %, passant tristement sous la barre symbolique des 200 000 touristes (196 496 contre 218 241 en 2007). Le tourisme en 2008• touristes américains (États-unis) : Les compagnies aériennes internationales ont ajusté leurs coûts notamment par une réduction du nombre de rotations et de la capacité des avions desservant la Polynésie : le nombre de sièges offerts a ainsi diminué 9,3 % en 2008, devant une réduction du nombre de passagers de 8,4 %. À court terme, la crise que subit actuellement le secteur touristique polynésien devrait s’intensifier. La singularité de la destination semble s’être épuisée ces dernières années et la baisse de fréquentation pourrait même entraîner de graves diffi cultés fi nancières pour la plupart des établissements. En vue de compenser cette évolution, le GIE Tahiti-Tourisme a renforcé sa promotion interne destinée aux résidents. À long terme cependant, la diversification des activités proposées aux touristes (golf, spa, écotourisme…), la prospection de nouveaux marchés, notamment la Chine, où la Polynésie est agréée en tant que destination touristique depuis mars 2008, une activité promotionnelle plus intensive et surtout mieux ciblée par marché et le développement du tourisme nuptial rendu possible depuis fin 2009 pourraient renverser la tendance, à condition que les problèmes de compétitivité ne soient pas rédhibitoires. Hôtellerie internationale : elle rassemble
à la fois de grands groupes internationaux
comme Starwood (Le Méridien,
Saint Régis, Accor), Intercontinental,
Le Radisson ou Club Méditerranée, et des
entreprises locales, comme South Pacifi c
Management (Pearl Resorts) ou Maitai
(Bora Bora, Fakarava).
Petite hôtellerie : avec 1 358 chambres fin 2008, soit une croissance de plus de 60 % dans la dernière décennie, la petite hôtellerie offre une meilleure couverture du territoire (34 îles) et occupe près d’un millier de personnes. Son défi majeur est la qualité et depuis 2006, la Fédération Haere Mai a entrepris une classifi cation selon des critères d’accueil, d’hygiène, de sécurité, de respect de l’environnement, de restauration, de confort et de gestion et fi n 2008, 69 petits hôtels avaient fait l’objet d’une classifi cation et 85 pensions de famille étaient en cours de classement. Hôtellerie flottante : la capacité d’accueil
est restée constante en 2008, avec
10 unités pour la flotte locale, dont 3
transportent plus de 90 % des croisiéristes,
et d’autres navires, comme le Pacifi c
Princess (342 cabines), le Tahiti Agressor
(8 cabines), les yachts d’Archipels Croisières
(6 voiliers de 4 cabines, les 3 navires
de Bora Bora Cruise, dont l’un d’entre
eux rencontre des diffi cultés fi nancières
en 2009 et jusqu’en 2010, le Star Flyer
(85 cabines).
Yachting de luxe : marché de niche à haute rentabilité, il attise la convoitise de nombre de marinas et la Polynésie française a récemment revu sa réglementation (raccourcissement du délai d’obtention d’une licence, réduction de la fiscalité) pour recueillir une partie de cette manne.
Trafic aérien
![]() Trafic international : les statistiques
mondiales pour l’année 2008 affichent
un recul de 1,6 % du trafic des passagers,
ainsi qu’un recul du fret (- 4,6 %). Les
compagnies aériennes adhérentes à l’IATA
(Association Internationale de Transport
Aérien, regroupant 95 % du trafi c mondial)
auraient perdu 8 milliards US$ en
raison de la crise mondiale et de la hausse
du prix des carburants. Trafic intérieur : la desserte aérienne
des archipels dépend d’un unique groupe,
Air Tahiti, qui comporte 142 sièges ; le trafic a poursuivi sa baisse en 2008 ; le nombre
de passagers a reculé de 10,8 %, et le
nombre de sièges de 9,8 %, pour un coef-
fi cient moyen de remplissage de 64,1 %.
Énergie![]() La production et la distribution d’électricité
en Polynésie sont de compétence
communale. Les municipalités assurent ce
service en régie ou le confi ent sous forme
de concession ou de contrat de gérance
à une entreprise. Sur le Territoire, la production
thermo-électrique est largement
concédée, directement ou par le biais de
ses fi liales, à l’Électricité de Tahiti (EDT).
TélécomInternet![]() En 2008, le parc d’abonnés
s’est accru de 15 % pour atteindre 28 746.
Cette forte progression est surtout due à
l’essor de l’ADSL, couvrant l’ensemble des
cinq archipels de la Polynésie française et
représentant désormais 96 % du parc. Les
tarifs reste onéreux par rapport au marché
mondial, même s’ils ont baissé de 70 % en
cinq ans et en dépit de la mise en place en
novembre 2008, de huit nouvelles offres
forfaitaires appropriées aux besoins des
différentes clientèles. Mana a par ailleurs
lancé un service d’accès Internet sans fi l
en haut débit, « Mana Spot(», dans un
souci d’étoffer son offre en proposant de
nouvelles prestations.
Télévision par satelliteEn 2008, TNS comptait 21 568 abonnés, un nombre en léger recul par rapport à 2007. La société a procédé en fi n d’année à une simplifi cation de ses offres, passant de neuf formules d’abonnement à cinq packs. Téléphonie portableTikiphone reste le seul opérateur fin novembre 2009 ; fin 2008, il totalisait 187 000 abonnés, soit 10 % de plus que l’année précédente. La couverture du réseau s’est encore étendue et atteint 97 % fi n 2008. Afin d’offrir des services multimédia de troisième génération, Tikiphone a déployé un réseau 3G+ sur la zone urbaine de Tahiti. En 2008, le gouvernement a accordé l’autorisation à une seconde société d’exploiter un réseau de téléphonie mobile. En partenariat avec le groupe Nokia Siemens, Mara Telecom souhaite offrir aux usagers l’accès à un nouveau type de réseaux de télécommunications mobiles, les réseaux 3G, qui faciliteront le développement de l’internet mobile ; le plan de fi nancement reste toutefois à finaliser ; l’ouverture à la concurrence a attiré deux autres opérateurs (groupes Digicel et Vodafone), mais pour l’heure les dossiers sont encore à l’étude.
Florence MAYOT
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