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Economie
Investir dans l’immobilier, un bon placement ?Dixit 2009-2010
![]() En ces temps de crise, et à condition qu’il
soit bien maîtrisé (coût d’entretien et de
gestion, coût du crédit, marché non saturé
et donc acheteurs ou locataires potentiels…),
l’investissement immobilier reste
une valeur sûre et le meilleur des placements
pour bénéfi cier d’un rendement immédiat
ou se constituer un patrimoine.
Investir sur le fenuaInvestir sur le fenua reste un bon placement. Mais tout dépend du type de bien et de sa localisation. TahitiCommunes et districts actuellement en vogueMalgré des variations selon le type de
biens proposés par les agences immobilières
de la place, quatre communes
sont très largement plébiscitées par la
clientèle pour louer ou acheter à Tahiti
(par ordre de priorité) :
L’investissement immobilier reste le meilleur des placements pour bénéficier d’un rendement immédiat ou se constituer un patrimoine.
Les prixSur une zone s’étalant d’Arue à l’extrémité
de Punaauia, la fourchette moyenne
des loyers s’établit comme suit, précise
t-on chez Cogep :
La fourchette moyenne des prix à la vente
s’établit également comme suit :
« Globalement, à l’exception de certains produits (lotissements, quartiers, bords de mer…), plus on s’éloigne de la « capitale », moins l’immobilier est cher », précise Jean-Claude Degout. Selon ce professionnel, les communes les plus chères à la vente et à la location sont : Papeete, puis Faa’a, Punaauia, Pirae et Arue. Les communes les plus abordables (-10 à -15 % des prix de référence) sont Paea, Mahina et Papenoo. Enfin, les communes et districts les moins chers sont Faaone, Taravao, Papara et Papeari, auxquels il faut enlever -20 à -25 % des prix à la vente et à la location. Analyse du marchéL’immobilier n’a pas échappé à la crise.
Mais la conjoncture internationale n’est
pas la seule responsable des variations
négatives du secteur.
Stéphane Glavinaz de Cogep confirme la tendance : « Sur le marché de la location résidentielle, nous assistons souvent à des négociations de prix qui peuvent atteindre dans certains cas - 20 % à -25 % du loyer initialement fixé. De plus, le plafonnement obligatoire de certains loyers d’appartements financés via la loi Girardin a tendance à orienter le marché locatif à la baisse. Pour les ventes, les offres d’achat qui nous sont remises par les acquéreurs potentiels sont généralement inférieures de 10 % à 15 % au prix affiché. La crise économique est passée par là, c’est certain. Mais elle n’a fait qu’amplifier un mouvement de baisse déjà amorcé il y a plus de deux ans, dû à un déséquilibre entre l’offre et la demande, notamment sur les appartements de petite surface. »
Le responsable de l’agence Degout avance également d’autres facteurs : « Sur l’agglomération, le marché des appartements est totalement saturé, les loyers ont perdu 20 % sur les trois dernières années et les prix à l’achat ont baissé d’autant. Le seul produit stable est le terrain, il reste une valeur sûre, recherché compte tenu des problèmes fonciers, du coût des réseaux VRD en lotissements, de la situation géographique des îles où il n’existe plus beaucoup de terrains plats. Le marché de l’immobilier, qui n’est pas extensible en Polynésie, est effectivement plombé par la conjoncture économique et politique. Mais aussi par plusieurs facteurs : selon moi, on aurait dû arrêter la défi scalisation en 2002, car aujourd’hui de nombreux immeubles sont vides. Il aurait fallu à ce moment-là basculer sur le logement intermédiaire, car il y a une grosse demande. »
Où investir ?Quelles sont les communes en devenir, à privilégier pour investir ? Petit tour d’horizon des préférences des professionnels… « Pour moi, Arue, car c’est une commune bien gérée et qui remporte tous les ans la palme pour sa gestion écologique, qui est relativement proche de la ville et apparemment stable politiquement aussi », estime Jean-Claude Degout, « et Moorea qui reste une « petite niche », une île encore préservée près de Papeete » Le président de JCM penche plutôt pour Mahina et Punaauia : « Il y a un potentiel à Mahina qui a été « coincée » pendant des années et qui se désenclave actuellement, où il existe de beaux lotissements et qui, démographiquement n’est pas saturé et toujours Punaauia, qui reste une valeur sûre. » Stéphane Glavinaz de Cogep privilégie également Punaauia, mais aussi Faa’a en raison « d’une offre importante sur le foncier ». Quant à Cyria Morgant, gérante d’IDP, le secteur où investir en priorité est la zone d’entrée Est de Papeete : « La demande est devenue plus forte ces derniers mois par rapport à l’offre peu importante sur ce secteur. » Plusieurs raisons expliquent ce phénomène : « L’ouverture du futur hôpital favorise la zone de Pirae et d’Arue. La construction du nouveau centre de l’OPT, qui devrait regrouper les fi liales du groupe, doit être relancée en 2010 sur l’avenue du Prince Hinoi, confirme également que l’entrée Est de Papeete se développe fortement. Parallèlement, la zone de Punaauia est saturée de projets immobiliers et nous constatons depuis 2004 une chute des loyers sur cette zone malgré les atouts de cette commune. » ![]() MooreaSi vous penchez pour un investissement immobilier sur l’Ile soeur, sachez que là aussi les prix sont fonction du type de biens et de leur localisation. Districts actuellement en vogue et prix• Loyers moyens : 120 000 Fcfp/mois
pour un T3 (150 000fcfp/mois pour un T4)
Une analyse corroborée par Jérôme Berton représentant à Moorea de l’agence Degout : « Globalement, les 9/10e de la demande de location concernent le secteur allant d’Afareaitu à la Baie de Cook ; et à la vente, le même secteur, mais étendu à Pihanea et Maatea. À l’intérieur de ce périmètre, le secteur proche du quai concentre toutes les attentions : il devient une banlieue résidentielle de Papeete pour les gens qui travaillent là-bas (voir le nombre de passagers matin et soir au quai et à l’aéroport), au-delà de 15 minutes de trajet en voiture, les clients hésitent à venir habiter sur Moorea. C’est aussi vrai pour les gens de l’île qui travaillent sur Tahiti : le manque de travail sur Moorea - et notamment sur Haapiti - concentre les demandes près du ferry. » AnalyseSur Moorea, la crise s’est également faite sentir avec une baisse moyenne de 25 % des prix à la vente et de 11 % à la location selon Annie Bonpays. Une tendance nuancée par Jérôme Berton : « À la location, cela dépend des produits, sur les beaux meublés la baisse ne s’est pas faite réellement sentir. Quant à la vente, la baisse est de l’ordre de 10 %. » Où investir ?Pour Annie Bonpays (JP Marquant) « Dans un rayon de 15 km autour du quai
en partant à droite ou à gauche, et peu
importe le côté (montagne ou mer) ! ». ![]() Bora BoraSelon le représentant de JCM sur Bora Bora, c’est Matira qui concentre toutes les attentions. Districts actuellement en vogue et prix• Types de logements prioritairement
demandés : plutôt des terrains en bord
de mer.
Où investir ?Matira et Vaitape. Huahine![]() Districts actuellement en vogue et prix• Secteur prisé : Parea (Huahine Iti), avec
de beaux bords de mer et Fare (chef-lieu).
AnalyseTrait marquant de cette île : « Peu de
biens sont proposés à la vente », explique
Jean-Claude Degout (Agence Degout).
Où investir ?« Fitii, au lieu-dit « La Nasa », le plus beau site de l’île » selon JCM. RaiateaDistricts actuellement en vogue et prixCommune la plus prisée : Uturoa et 5 km
autour de la ville.
Analyse« Le marché fonctionne essentiellement
par le bouche à oreille, peu de biens sont
disponibles en agence », reconnaît Jean-
Claude Degout.
Où investir ?Pour le responsable de JCM, « dans la commune de Taputapuatea, car avec la route traversière, elle sera désenclavée : plus de plages de sable blanc et de bords de mer disponibles. » Investir en métropole
![]() les SCPI ont la cote Si vous ne souhaitez pas investir sur le fenua, pour y habiter ou pour louer, une seconde option s’offre à vous : investir en métropole. « L’immobilier est un placement incontournable
dans un patrimoine : les revenus locatifs
sont indexés, il y a des perspectives de
plus-value à long terme, et l’on peut bénéfi -
cier de l’effet de levier du crédit », explique
Françoise Syx, directrice régionale de Crystal
Finance Polynésie. « L’immobilier locatif
est ainsi une réponse adaptée à ceux qui
souhaitent se constituer un patrimoine, le
diversifi er, préparer leur retraite ou les études
des enfants, en s’assurant des revenus
futurs. Les conditions sont idéales pour investir
en France métropolitaine aujourd’hui :
les taux de crédit sont très bas et les prix de
l’immobilier se sont stabilisés. »
Première possibilité : le LMP ou LMNP (Loueur en Meublé Professionnel ou Non
Professionnel) qui peut s’effectuer dans des
résidences étudiantes, de tourisme urbain,
de tourisme-vacances ou encore des résidences
pour seniors.
Autre formule phare : les SCPI (Sociétés Civiles de Placement Immobilier) de rendement ou investissement en « pierre papier ». Cette formule consiste en l’achat de parts de sociétés qui acquièrent et gèrent un patrimoine immobilier locatif diversifié (logements, commerces, bureaux…). Avantages : un patrimoine diversifi é avec une mutualisation, donc une réduction du risque (par zones géographiques, nature des biens, locataires) ; l’absence de tout souci de gestion car elle est réalisée par des professionnels ; des loyers réguliers et des revenus nets de charges... Il existe également une autre solution pour créer des revenus futurs, souligne la directrice régionale de Crystal Finance : l’investissement en nue-propriété. « Il s’agit d’acquérir la nue-propriété de biens immobiliers pour 40 à 60% de leur valeur en pleine propriété. L’acquisition est assortie d’une réserve d’usufruit temporaire d’une durée de 15 à 20 ans au bénéfi ce d’une société exploitante. Cette société assurera la gestion locative, percevra les loyers et prendra à sa charge l’intégralité des dépenses et de la taxe foncière. Au terme de l’usufruit, l’investisseur récupère automatiquement et gratuitement la pleine propriété du bien, remis en l’état par l’usufruitier. Le nu-propriétaire réalise un investissement immobilier en maximisant sa plus-value, en éliminant les impôts et charges ». ![]() Enfin, l’on peut préférer des acquisitions
immobilières plus traditionnelles,
mais, souligne Crystal Finance, « il est important
de s’entourer de partenaires renommés
pour la pérennité de leurs réalisations. Nous
conseillons donc des programmes en fonction
de l’excellence de l’emplacement, de la
qualité de construction d’opérateurs réputés,
du rapport qualité/prix et de la compétence
du gestionnaire » (immeubles de standing
dans un environnement préservé, constructions
implantées au coeur des métropoles
les plus recherchées, appartements, hôtels
particuliers et propriétés de grand standing
dans les meilleurs quartiers). Pour Cogep, les SCPI de rendement sont également l’un des produits clés : « Aujourd’hui, clairement, pour quelqu’un qui veut faire un placement dans l’optique de générer des revenus locatifs, c’est la meilleure formule car elle assure un revenu trimestriel stable et pérenne sans aucun souci de gestion », estime Stéphane Glavinaz, gérant. « Mais à condition que ces SCPI soient sélectionnées par des professionnels avec une bonne société de gestion derrière. Il ne suffi t pas de regarder les classements fi nanciers de telle ou telle SCPI sur l’année. Il faut faire une analyse fouillée, regarder l’évolution sur plusieurs années, éplucher les rapports d’activité et prendre en compte plusieurs critères notamment les emplacements des boutiques, bureaux…» Même en temps de crise, les SCPI semblent, mieux que d’autres produits, tirer leur épingle du jeu : « Tous les secteurs d’activité qui louent des locaux commerciaux ne sont pas en crise et les supports sont multiples, donc les variations sont minorées. De plus, notre travail est de sélectionner les SCPI les plus résistantes auxquelles nous faisons passer un « stress test » avec des simulations d’évolution des revenus futurs qui prennent en compte différents paramètres tels qu’une possible augmentation des impayés ou de la vacance locative afi n d’évaluer la capacité de la SCPI à continuer à servir un revenu élevé dans un contexte d’aggravation de la conjoncture économique.» Des parts libellées en euro avec une disponibilité rapide de tout ou partie ; un patrimoine transmissible facilement et un rendement alléchant (actuellement sur certaines SCPI il peut avoisiner les 6 % pour l’exercice 2010) et sans pour autant être à la base Crésus (l’achat minimum de dix parts coûte entre 500 000 Fcfp et 1 M Fcfp), plaident en faveur de ce placement « tranquille par excellence ». Mais il y a également l’investissement immobilier « coup de coeur », celui effectué hors du territoire… Investir à l’étrangerla nouvelle-Zélande attractive ![]() Avec la crise et l’effondrement du secteur
immobilier, qui n’a pas rêvé de s’offrir
un petit pied-à-terre en Californie ou
en Nouvelle-Zélande… ? Certes, les prix
sont alléchants, mais pour autant sontils
toujours synonymes de bonnes affaires
? Analyse avec le gérant de Cogep.
Nouvelle-Calédonie« La hausse des prix a été forte ces dernières années et il semblerait que le marché marque une pause actuellement », estime Stéphane Glavinaz. « Cependant, le Grand Nouméa est très étendu en superficie et il y a bien évidemment des spots incontournables. Mais un point important peut freiner les ardeurs des investisseurs : le référendum d’autodétermination à partir de 2013. » États-unis« Le marché immobilier américain est sinistré : un bien résidentiel sur sept est aujourd’hui vide », poursuit le gérant de Cogep. « Et l’on n’a pas encore vécu tous les effets de la crise des « subprimes » Il faut donc rester prudent. » Autre frein soulevé : des taxes et frais de gestion liés à l’immobilier relativement élevés. CanadaLe Québec fait rêver, avec de bonnes perspectives d’investissement, « mais qui est trop éloigné de la Polynésie française » souligne Stéphane Glavinaz. « D’où la difficulté de bien choisir et de gérer son bien.» Australie« C’est un marché avec des contraintes spécifiques, notamment à la revente », poursuit le gérant de Cogep. « Il faut se renseigner et prendre toutes ses précautions selon le type d’investissement envisagé.» Nouvelle-ZélandeC’est la place immobilière qui monte et sur laquelle mise actuellement Cogep. Outre sa relative proximité du fenua, le coût assez peu élevé des billets d’avion et le climat agréable ; les possibilités d’études, de pratique de sports et de soins médicaux font de la Nouvelle-Zélande l’une des destinations préférées des Polynésiens. « Toutes ces prestations offertes sont bien pratiques, de plus c’est un pays où l’investissement étranger est accueilli favorablement », explique Stéphane Glavinaz. « On trouve de très bons produits de standing à des prix corrects, avec des normes de construction, de matériaux, d’équipement… de qualité. Et cette qualité du produit fera le succès de la revente.» Alors investissement immobilier, un bon
choix ? Oui !
Sylvie Jullien-Para
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