samedi 04 février 2012
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Economie

Agriculture BIO

Dixit 2009-2010
Le défi est relevé

L’agriculture polynésienne telle qu’elle a évolué depuis 1964 (installation du Centre d’Expérimentation duPacifique), avec notamment l’utilisation intensive de produits chimiques, pose des problèmes de santé - comme partout dans le monde - mais aussi des problèmes environnementaux. En effet, il est aujourd’hui prouvé que l’agriculture chimique contribue au réchauffement global en générant du carbone et autres gaz à effet de serre. Ceci est particulièrement préoccupant pour les îles du Pacifique qui sont confrontées à la montée des eaux et l’acidification océanique. La Polynésie, si exposée, si demandeuse d’autonomie, ne peut continuer sur cette voie. Premier acte fondateur d’une réelle prise de conscience politique : le Pays va officialiser la Norme Océanienne d’Agriculture Biologique et tous ses périphériques.

 

La source ancestrale de l’agriculture bio

Alors que nous assistons à une désertification des sols agricoles qui sont érodés, vidés de toute vie et fertilité, les plus pointus des pédologues (spécialistes de l’étude des sols) et agronomes restent interrogatifs devant le considérable potentiel de fertilité de certains restes agronomiques des civilisations anciennes d’Amérique Latine ou d’Afrique (Terra Preta). Ces anciennes civilisations, même densément concentrées, ne se nourrissaient que par une agronomie qu’ils avaient bâtie sur de simples et profondes observations de leur milieu naturel. L’agriculture biologique s’appuie sur ces méthodes qui fixaient intensément le carbone dans les sols et dans la végétation luxuriante ainsi engendrée2. Les Polynésiens d’autrefois n’étaient pas moins inspirés en arrivant à faire pousser du taro jusque sur les sols coralliens des atolls… La société polynésienne traditionnelle s’est construite sur des sources de productions gérées (à l’instar des rahui, restrictions ou interdictions, permettant une gestion des ressources lagonaires). Cette société faisait de l’agriculture naturelle, comme M. Jourdain faisait de la prose, sans le savoir ! Inspirée de sagesse (observation, empirisme, holisme), de savoir-faire séculaires, l’organisation de la vie se faisait naturellement en accord avec ses écosystèmes terrestres et marins.

Les outils et perspectives dans le Pacifique

Au sein du Pacifque, un cap vers l’agriculture biologique a été clairement soutenu par tous les Chefs d’États d’Océanie3. En Polynésie, le Président Temaru a donné le ton dans le même sens et le Pays est sur le point de faire officialiser la Norme Océanienne d’Agriculture Biologique et tous ses périphériques. L’association BioFenua a participé à la construction de cette norme ; son Président Tehau (Membre du groupe océanien d’Agriculture Biologique : POET Com 3*) s’est déplacé à plusieurs reprises, en congrès, aux îles Fidji, pour participer, avec tous ces experts d’Océanie, à son élaboration. Cependant, il reste beaucoup à faire pour que cette base de travail puisse devenir une référence pour l’agriculture du Pacifique… En effet, la Communauté du Pacifi que a aussi entrepris cette démarche pour préparer un regroupement de certaines productions typiques d’Océanie, sous une même bannière de qualité et être ainsi en mesure de fournir régulièrement, en bonne synergie, les gros volumes qu’exigent les marchés continentaux. Des marchés qui vont se tourner, de plus en plus, vers les pays tropicaux dont les productions culturales et culturelles originelles (traditionnelles) restent les plus nutritives et surtout sont les plus résilientes aux effets des changements climatiques. L’agronomie, telle que doit l’envisager la société moderne, doit se baser sur la science de la vie : la biologie, tout en puisant ses inspirations dans la sagesse et les sélections naturelles millénaires. La biodynamie, l’agroécologie, l’agroforesterie4, l’agriculture naturelle, sont divers concepts qui gravitent ainsi autour de l’agriculture biologique : ils sont issus du bon sens originel.

La biodiversité dans le contexte rural polynésien pourrait produire avantageusement ses propres bio-fertilisants et biopesticides, bénéficiant ainsi d’une considérable baisse des coûts de production


Lucien, fruiticulteur conforme aux normes bio

Un site pilote sur Tikehau

Une communauté familiale et religieuse (l’église du Mont Thabor) a initié les pratiques d’une agriculture biologique sur Arue (en vallée) et sur l’atoll de Tikehau. Depuis quelques années, ces personnes mènent une expérience de vie en quasiautarcie sur ce sol de sable corallien. Là où ne poussaient plus que des cocotiers et la végétation endémique des atolls, ils cultivent des fruits et légumes. Leur système est complété par un peu d’élevage. Les animaux sont nourris exclusivement avec de la végétation provenant du motu, et du poisson pêché dans le lagon ou retenu captif dans des parcs. Les légumes sauvages ou classiques (chou, chou-fleur, navet, carotte, tomate...) sont cultivés avec des techniques simples et efficaces excluant totalement les produits chimiques (engrais et pesticides). Ce projet a pu être réalisé sous la houlette éclairée d’un ingénieur agronome taïwanais M. Wu Sen Jen. Ce consultant pour des plantations en bio de plusieurs centaines d’hectares aux États-Unis, en Australie et en Afrique du Sud, a également mis au point des techniques de fabrication d’une huile de coco, à froid, par décantation. Ce produit de haute qualité destiné à l’export pourrait être aisément certifié bio et générer la création d’une première usine - l’atoll de Tikehau possède déjà une scierie et se dote actuellement d’une infrastructure de transport maritime importante, avec l’aménagement de la darse du village (580 millions Fcfp de travaux prévus au titre du plan de relance).

Pour une consommation responsable

La consommation énergétique est habituellement la cause avancée face aux bouleversements climatiques, mais l’alimentation a également sa responsabilité. La surconsommation de viande, notamment bovine, est directement mise en cause par les scientifiques : l’élevage non intégré des 1,3 milliard de bovins du monde cause davantage de gaz à effet de serre (GES) que toutes les formes de transports réunis ! Beaucoup de médecins conseillent à leurs patients d’adopter une alimentation basée sur des fruits et légumes, en écho au serment d’Hippocrate qui recommande : « Que ton aliment soit ton premier médicament ». Encore faut-il que ces fruits et légumes ne présentent pas de résidus de pesticides ! En Polynésie française, un choix d’orientation vers l’agriculture durable ressort clairement des chapitres agricoles de la restitution des États Généraux de l’Outre-mer. La société civile réclame fortement que le secteur primaire soit considéré comme le socle de notre développement et soit fondé sur la qualité, comme sur l’adaptation au préalable à des valeurs culturelles. Autrement dit, la société polynésienne souhaite faire le choix de s’élever à l’aide d’une échelle humaine plutôt qu’à l’aide d’une économie d’échelles !


Un marché bio qui « marche » à Taunoa et à Arue

L’érosion de notre diversité alimentaire originelle est aussi une cause profonde du problème. Cette érosion ne provient pas encore de l’épuisement de notre biodiversité, mais d’une acculturation qui homogénéise, industrialise nos mets quotidiens. L’alimentation ventée par la société de consommation n’est basée que sur le sucre, le blé, la viande, la pomme de terre, les oléagineux…

 

Le déclin de l’agriculture conventionnelle

La rentabilité de l’agriculture conventionnelle est en constant déclin. Non seulement du fait des pertes de fertilité des sols, mais aussi à cause du manque de résilience (capacité à « récupérer ») des cultures conventionnelles face aux perturbations climatiques et face aussi à l’action directement négative des GES. De même, l’augmentation du coût des intrants (engrais, amendements, produits phytosanitaires…) qui sont directement liés à la pétrochimie, affecte déjà les coûts de production.
Les insectes ravageurs acquièrent des résistances aux molécules chimiques ou aux OGM, ce qui implique, pour certains agriculteurs, une augmentation des doses et des dépenses supplémentaires, quand ce n’est pas l’achat de nouveaux produits toujours plus chers et plus dangereux ou pire l’abandon des productions et la ruine pour de nombreux agriculteurs !

Par contre, les pollinisateurs, notamment les précieuses colonies d’abeilles de nos apiculteurs n’acquièrent pas de résistance à ces molécules chimiques toujours plus agressives.

Maints apiculteurs aux États-Unis et en Europe sont ruinés ou sur le point de l’être. Mais bien plus grave, nos butineuses participent à la pollinisation et à la survie de 80 % des plantes à fleurs et ainsi à la production de 35 % de la nourriture humaine, en plus de leur précieux miel !
La productivité de l’agriculture biologique n’a plus rien à envier à celle du conventionnel, car les biopesticides se développent et deviennent de plus en plus efficaces tout en progressant vers une action toujours plus chirurgicale, autant en ce qui concerne les substances naturelles, que les lâchers d’insectes bénéfiques ou l’inoculation de micro-organismes auxiliaires (en fertilisation comme en lutte contre les ravageurs).
Pour rester sur des considérations de rentabilité, n’est-il pas temps de mettre dans les balances économiques nationales les coûts en santé publique et en dégâts environnementaux ?
Ces bilans seraient incitatifs pour, enfin, mettre en oeuvre des politiques volontaristes de développement de la production biologique.

Plaidoyer pour la sécurité alimentaire

Faut-il continuer à raser 1 hectare de forêt toutes les 2 secondes pour sustenter l’humanité ?
Depuis les années 60, la productivité agricole mondiale a considérablement augmenté proportionnellement à la démographie galopante. Cette « révolution verte » comme on l’a injustement appelée s’est basée sur l’augmentation des surfaces cultivées (en générant de la déforestation), de la perfusion massive de variétés créées pour leur seul critère de rendement plus élevé et amenant finalement à la spirale infernale des pesticides. Après 50 ans de ravage, l’agrochimie a fini par se révéler comme un des plus grands fléaux de l’humanité. Depuis quelques années, les plus hautes instances partent en guerre contre le fourvoiement de cette « agriculture irraisonnée » et exhortent les gouvernements à relever le défi du « bio » pour notre survie.
La FAO, l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture, lors de son congrès de mai 2007 a confirmé que l’Agriculture Biologique pouvait nourrir la planète entière, sans impact sur l’environnement et en limitant considérablement la problématique du réchauffement climatique. L’organisation de l’ONU conditionne la sécurité alimentaire mondiale (autant sur le plan qualitatif que quantitatif) à l’application des principes et des normes de l’agriculture biologique.

Créer de l’emploi, des richesses et mieux gérer le foncier

Un autre paradoxe est à mettre à plat, avec le reproche fait à l’agriculture biologique d’être exigeante en main d’oeuvre : certes, elle l’est, mais elle est moins dépensière en intrants. Elle est effectivement plus coûteuse en huile de coude, est-ce une tare quand le taux de chômage fait la pluie et le beau temps des économies nationales?
La biodiversité dans le contexte rural polynésien pourrait produire avantageusement ses propres bio-fertilisants et biopesticides, bénéficiant ainsi d’une considérable baisse des coûts de production. À terme, ces productions pourraient être exportées sur le marché international en demande forte et croissante de ces outils de production novateurs. (il en est de même pour les alicaments, les bio-matériaux…). L’agriculture conventionnelle qui fait rapidement mourir ses sols, doit supporter les coûts de nouvelles acquisitions foncières. Ce qui n’incombe pas à l’agriculture biologique qui a pour avantage considérable de cumuler la fertilité (et non les résidus de pesticides !). En effet, la courbe d’augmentation de la richesse en matière organique et micro-organismes ne fait que croître de façon exponentielle en exploitation biologique bien gérée. Les parcelles, au lieu d’être épuisées, n’ont plus besoin de jachère et ne sont plus abandonnées… Les sols revivent et la biodiversité environnante aussi.

Assurer des équilibres durables

La première des bienveillances de l’agriculteur bio est de protéger et dynamiser la vie de sa terre et dans le même temps il contribue à protéger la vie sur Terre !
En effet, les équilibres fondamentaux de l’agriculture biologique commencent par la protection de la vie du sol qui héberge, sur ses trente centimètres d’épaisseur, 80 % de la biomasse vivante du globe ! Une forte activité micro-organique du sol est fondamentale pour la Vie. Sans ces intermédiaires que sont les bactéries et micro-champignons, les plantes ne pourraient pas se nourrir, et nous non plus ! Pas seulement parce que le règne végétal est indispensable à notre alimentation, mais aussi parce que les levures et bactéries sont essentielles à notre propre digestion, tout comme elles le sont pour l’assimilation nutritionnelle des plantes.
Or, l’utilisation courante et récurrente de produits chimiques affecte cette vie microorganique indispensable et ceci jusqu’à l’éliminer !
Maintenir la vie du sol, c’est aussi le structurer grâce à l’équilibre de la nourriture apportée à sa biodiversité et grâce à l’absence des stress qui lui sont ainsi évités ! En cas de mauvais soins, les bactéries dénitrifi antes passent à l’action, l’azote s’échappe (et la fertilité avec !). Mais pire, il se diffuse dans l’atmosphère souvent sous la forme d’un terrible GES1 : le N2O ou protoxyde d’azote (près de 300 plus puissant que le fameux CO2 !). Or, cette forme d’azote se libère régulièrement, et massivement, des engrais synthétiques azotés de l’agriculture conventionnelle. Leur dose d’épandage standard a été multipliée par 8 depuis la moitié du siècle dernier ! Les agronomes le savent pourtant : trop d’azote fragilise terriblement les plantes, mais la spirale infernale des traitements des cultures continue, en boucle, à la suite de ce type de fertilisation aberrante… La production biologique met sans cesse en place d’autres types de cycles, ainsi l’élevage et les engrais verts s’y intègrent, en synergie et fournissent une grande partie de la matière organique et des nutriments nécessaires à la fertilisation, en contribuant à une agriculture durable et parallèlement, parfois, à une production énergétique non négligeable : le méthane (autre GES) est alors maîtrisé et utilisé, tout comme l’azote et le carbone sont fi xés aux sols.

Une maîtrise sur toute la ligne

Grâce à son système de contrôle, la production biologique contribue à la valorisation des productions mais aussi à la garantie de l’hygiène et lato sensu à la non contamination (des additifs chimiques ; de déversements sauvages d’effl uents d’élevage, etc). Outre les équilibres environnementaux et alimentaires, la production biologique intègre de plus en plus de considérations sociétales d’équité et de justice, lesquelles sont impératives au développement durable… Ce concept puise sa force, sa probité et sa constance dans la prise de conscience. Au Fenua, concrètement, cette prise de conscience doit impliquer tous les acteurs de la société polynésienne, car les pesticides ne sont pas seulement utilisés dans l’agriculture mais aussi dans la maison et le jardin du particulier, les écoles, dans les parcs ouverts au public, pour l’entretien de la voirie, sur les aires de loisirs (golfs)…

Un suivi des légumes locaux

Cependant, il importe de préserver la confi ance de nos consommateurs à l’égard des produits locaux. En effet de fortes craintes se sont ancrées à l’égard de nos propres productions du fait d’analyses6 révélant de hautes teneurs en résidus de pesticides ; les importateurs des grandes surfaces voient leurs ventes de fruits et légumes importés (et parfois certifiés bio.), croître de façon considérable ! Ils font alors la loi du marché et négligent les produits de nos agriculteurs qui en sont extrêmement inquiets et révoltés ! (Alors que l’importé n’est pas plus indemne de résidus !) Il s’agit là d’une grave entrave à la consommation indispensable de nos fruits et légumes tropicaux traditionnels, frais, riches en nutriments et indemnes de traitements aux rayonnements ionisants et / ou au bromure de méthyle (pratiqués lors de tout export en conventionnel). En effet, nos mets typiquement traditionnels sont reconnus comme étant bien plus riches en éléments nutritionnels. Nos productions resteront abordables pour le grand public dans la mesure d’une structuration de marchés de proximité et de regroupements agricoles, tels que ceux des SGP (Système de Garantie Participative) 7.

Un besoin d’autosuffisance pour le Fenua

Les temps modernes amènent, aujourd’hui, tout pays à être hautement conscient de la nécessité d’exploiter pleinement mais durablement ses ressources naturelles, de renforcer son auto-suffi sance, notamment en termes d’alimentation, d’énergie, de matières premières mais aussi d’intrants agricoles… Particulièrement dans une région insulaire où les éco-systèmes marins constituent une base nourricière si exposée, où les surfaces agricoles sont si exiguës, où l’alimentation et les activités agronomiques dépendent, encore maintenant, tant de l’extérieur. Le changement climatique imposera inéluctablement aux îles hautes des capacités d’accueil, d’abord alimentaires, étant capables, aussi, de sustenter les futurs réfugiés climatiques des atolls. Ainsi la productivité agricole de nos îles doit, tout comme pour la politique énergétique, innover, en termes de maîtrise, d’effi cacité, de diversité adaptée, de puissance et qualité garanties.

Perspectives et stratégie de mise en oeuvre en Polynésie

Il faut défi nir précisément des objectifs, le fonctionnement et les règles applicables à la production biologique en Polynésie française. Il est indispensable que le cadre légal en cours soit rapidement instauré et adapté à tous les secteurs et outils de notre fi lière :
• La production, la distribution (cadres techniques, réglementation…) ;
• L’accompagnement (formation, soutien technique et financier à la reconversion, etc.) ;
• La facilitation (ouverture administrative, incitation fi scale pour les intrants conformes…) ;
• La conformité des organismes certificateurs et des groupements organisés en SGP ;
• La recherche scientifi que orientée productivement.

Contrôle des produits importés et exportés

Il est capital également de contrôler la conformité des produits importés dits Bio ou « Organic », de façon à, protéger le consommateur de dérives toujours possibles d’une part, et d’autre part la production de nos agriculteurs, déjà contraints de lutter contre l’importation massive des fruits et légumes conventionnels. Il est à noter que ce contrôle doit assurer une protection autant commerciale que phytosanitaire car les produits biologiques importés ne sont pas l’objet des mêmes traitements aussi expéditifs que pour les produits conventionnels. Afin que les produits biologiques soient obtenus et distribués conformément aux exigences fi xées par le cadre légal, les activités effectuées par les opérateurs à tous les stades de la production, de la préparation et de la distribution des produits biologiques sont soumises à des normes mais aussi à un système de contrôle défi ni dans chaque pays, donc à respecter en cas d’exportation et à faire respecter en cas d’importation. Il est donc important que nos fi lières polynésiennes s’harmonisent avec la progression internationale de la production biologique tout en restant authentique, typique et caractérisée.

Une entité Polynésienne d’accompagnement de la filière bio

Aux niveaux nationaux l’accompagnement et la gestion des contrôles généraux se font aussi à travers une liste d’organismes certi-fi cateurs privés agréés par le pays. Cependant, des entités nationales accompagnent les producteurs et contrôlent l’activité de ces organismes certifi cateurs (en France : la COFRAC ; aux USA : le NOP, au Japon : le JAS, etc). Il est donc capital que la Polynésie française se dote d’un organisme du Pays à fonction similaire. Ce qui permettrait, en plus du contrôle, d’assurer un bon développement de la fi lière. Une entité dont la mise en place est entérinée par le groupe qui travaille actuellement sur l’offi cialisation de la fi lière (groupe initié par l’Assemblée de Polynésie). Cette entité aurait pour missions, comme dans d’autres pays, d’assurer : • La progression technique, normative, incitative et la recherche, • L’information, la formation, l’accompagnement, les statistiques, • La promotion de notre norme, les échanges et soutiens commerciaux à l’export en bio, • Le contrôle à tous les stades (y compris l’activité des organismes certifi cateurs).

Le « bio » en promotion touristique : « invest in nature »

L’image internationale d’une Polynésie à la pointe de l’innovation dans les filières bio serait très bénéfi que aux consommateurs locaux en premier lieu, mais aussi à notre économie touristique. L’image de « paradis terrestre » perdurera-t-elle si les îles polynésiennes sont dégradées ? Il est crucial de ne pas manquer la vague mondiale de la qualité sur laquelle surfent déjà les pays les plus avancés. En Polynésie, seuls une dizaine d’opérateurs sont certifiés en production biologique sur environ 650 ha, alors que la fl ore, la faune et les confi gurations de la zone polynésienne permettent d’envisager de larges et multiples développements dans la fabrication de produits de haute valeur, de nouveaux matériaux, de combustible, de biopesticides, etc. La mise en oeuvre volontariste et pragmatique d’une norme probe de production biologique constitue le socle d’un développement durable en Polynésie, car elle est à la fois fondée sur des valeurs scientifiques, culturelles, d’équité, de morale et de considérations sociales.

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