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Economie
Comment légiférer en Polynésie ?Dixit 2008-2009
Depuis 2004, un nouveau partage des compétences a permis à la polynésie de devenir son propre législateur dans de nombreux domaines du droit, mais créer son droit est une lourde tache où se mêlent non seulement les traditions locales et culturelles mais aussi la réalité économique.
L’exemple de la « Responsabilité du constructeur »![]() La responsabilité du constructeur reposait sur l’article 1792 du code civil. Il y eut tout d’abord en 1967 une première rédaction de cet article (L N°67-3 du 3 janv.1967) qui stipulait que les constructeurs étaient responsables pendant 10 ans de la solidité et de la stabilité des ouvrages qu’ils construisaient. En 1978, la loi du 4 janvier, dite loi Spinetta, a marqué l’aboutissement d’une longue évolution jurisprudentielle, et de la prise en compte du souci d’une meilleure protection du consommateur qui construit ou achète un immeuble qu’il soit un simple particulier ou un professionnel. Cette nouvelle rédaction de l’article 1792 du Code civil a eu pour effet l’extension des personnes concernées et tenues à la responsabilité du constructeur pendant 10 ans, et l’extension des désordres engageant la responsabilité du constructeur sur 10 ans. Le constructeur est alors responsable des désordres qui compromettent la solidité de l’ouvrage ou qui, l’affectant dans l’un de ses éléments constitutifs le rendent impropre à sa destination. L’acquéreur d’une maison ou d’un appartement, qui subit des désordres tels qu’il lui est impossible d’habiter cet édifice, peut ainsi effectuer un recours. Il en est de même pour les professionnels. Le commerçant qui ne peut pas utiliser les locaux achetés parce que des désordres le rendent impropres à sa destination, peut présenter un recours. Le gouvernement de la Polynésie française a publié au JOPF : « La loi n° 78-12 du 4 janvier 1978 relative à la responsabilité et à l’assurance dans le domaine de la construction est complétée par un article ainsi rédigé : « Article 15 : les articles 1er à 5 de la présente loi sont applicables au territoire de la Pas d’obligation d’assurance légaleAinsi, les constructeurs polynésiens sont soumis au même régime de responsabilité décennale que celui applicable en métropole, mais l’obligation d’assurance légale n’a pas été mise en place. Cette différence avec la métropole est fondamentale : l’obligation d’assurance décennale mise en place en métropole a imposé à l’ensemble des acteurs du marché de la construction de souscrire une garantie décennale. Et toutes clauses insérées dans une police d’assurance décennale qui auraient pour conséquence de limiter la garantie de l’assureur sont considérées par la jurisprudence comme nulles en application de l’article 1792.5.du Code civil. Quel modèle pour légiférer en Polynésie ? Afin de protéger la stabilité du secteur de la construction, les autorités polynésiennes étudient et analysent l’opportunité de légiférer dans ce domaine en créant une obligation d’assurance. Plusieurs questions se posent : Quel environnement législatif peut-on envisager en Polynésie ?Il est impératif que la Polynésie établisse sa réglementation en matière de responsabilité des constructeurs. Mais la création d’une loi de Pays demande au préalable une analyse technique du marché de la construction, ainsi que la mise en place de formations permettant une qualification minimum et réglementée des différents intervenants.
Légiférer pour notre avenir demande au préalable de mûres réflexions. Car appliquer le droit métropolitain tel quel n’est pas une solution
Droit et adoptionL’adoption illustre parfaitement l’impact de la culture sur la législation. En France l’adoption est fondée sur un acte préalable d’abandon par la mère de son enfant. En Polynésie, l’adoption tout au contraire repose sur un don d’enfant (tradition du « faamu »). Il s’agit donc de notions morales et /ou culturelles parfaitement opposées. Il est alors évident que des règles de droit créées en métropole ne correspondent pas à la réalité polynésienne.
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