vendredi 30 juillet 2010
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Economie

Honotua, l’avenir au bout du câble

Dixit 2009-2010
Aussi porteur de développement qu’a pu l’être dans les années 60, la réalisation d’infrastructures comme l’aéroport ou le port international. En permettant l’utilisation du haut débit par l’ensemble de la population, Honotua préfigure la fi n de la fracture numérique et ouvre de nouvelles perspectives pour la Polynésie: connexion au monde maximisée, gain de temps et d’argent, offres de services décuplées…

La liaison internationale sur Hawaii
Longueur de la liaison: 4 634 km
Profondeur max. d’immersion : 5 736 m



Le câble sous-marin va révolutionner l’Internet, mais aussi le téléphone et la télévision : le « tout numérique » donnera la possibilité d’utiliser tous ces services, en même temps, sur une même ligne. L’Office des postes et télécommunications (OPT) prévoit une mise en service du système à compter du mois de juin 2010.

 

Les Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) ont généré une telle augmentation des besoins (messagerie électronique, télétravail, téléassistance, Internet, etc.), que la mise en place de réseaux numériques sûrs et puissants s’est avérée indispensable. Par-delà le potentiel de développement économique que le câble peut apporter, l’étude technique du projet révèle qu’il est parfaitement adapté aux différentes particularités de la Polynésie française et que l’acquisition d’un tel système n’est pas un choix extravagant pour le Pays.

Cinq années d’études

Le projet de câble sous-marin a véritablement pris naissance en 2001. L’Office des postes et télécommunications (OPT) s’est penché sur la question à partir d’une étude réalisée par le cabinet indépendant Axiom. Cette étude a permis d’établir la pertinence d’un tel dossier au regard de l’état du marché des câbles sous-marins et des projections qui pouvaient être faites sur l’évolution de la consommation en bande passante. De nouvelles analyses, portant notamment sur les routes possibles de ce câble sous-marin et sur la desserte domestique, ont été menées en 2003 puis en 2005. L’appel d’offres pour la pose d’un tel système entre Hawaii et Tahiti a été lancé en février 2006, suivi d’une phase d’études des réponses.

Les partenaires français et hawaiiens du projet

En décembre 2007, le conseil d’administration de l’OPT a retenu l’offre de la société Alcatel-Lucent Submarine Network (ASN), leader mondial dans les réseaux haut débit et spécialisée dans la fabrication et la pose de câbles sousmarins à fibre optique. En janvier 2008, l’OPT et ASN ont signé un contrat « clé en main » prévoyant la fourniture d’un ensemble de câbles sous-marins entre Tahiti et Hawaii ; ainsi qu’une série complète de services incluant la gestion du projet et des autorisations, l’ingénierie, les opérations en mer, l’installation, les tests et la mise en service.
Pacific Lightnet PLNI, opérateur de télécommunications de Hawaii, a été choisi par l’OPT pour assurer l’hébergement et l’exploitation du système Honotua sur Big Island, la base d’arrivée du câble international Tahiti - Hawaii.


Une liaison internationale sur Hawaii

Les études menées par AXIOM en 2003 et 2005 préconisaient une liaison internationale partant de Hawaii. L’OPT a choisi cette option, car Hawaii est un hub (plateforme de transit) dans le Pacifique nord où atterrissent une douzaine de câbles en provenance des USA, d’Asie (notamment du Japon), d’Australie et de Nouvelle-Zélande. Les possibilités d’interconnexions sont donc multiples.

Un environnement et des normes à respecter L’OPT et ASN ont placé, dès janvier 2008, la dimension environnementale au coeur du projet sur l’ensemble des parcours domestiques et internationaux de HONOTUA. Ainsi, deux sociétés spécialisées ont été retenues pour conduire les études environnementales aussi bien en Polynésie française qu’à Hawaii et accompagner l’OPT et ASN jusqu’à la délivrance des permis et autorisations. Sur Hawaii, les démarches pilotées par le « Department of Lands and Natural Resources » comportent une forte dominante environnementale et doivent aboutir à la délivrance en faveur de l’OPT, d’une autorisation temporaire d’occupation du domaine public maritime. Malgré l’absence de règles spécifiques à la pose de câbles sous-marins en Polynésie française, les référentiels américains ont été pris en compte, notamment pour la préservation des espèces protégées et plus généralement de la faune et de la flore du milieu marin. Sur Moorea en particulier, le parcours du câble dans la baie de Paopao a été défini en conformité avec le plan de gestion de l’espace maritime (PGEM).

Le câble numérique permettra de transporter la télévision, la
visioconférence, les données informatiques, le téléphone et l’Internet

Le coût de l’investissement
Le montant de l’investissement total du projet est estimé à 9,538 milliards Fcfp se répartissant ainsi :
• Système domestique : 1,871 milliard de Fcfp,
• Système international : 7,667 milliards de Fcfp.

 

Une liaison domestique sur les Iles de la Société

L’OPT a également suivi la préconisation du bureau d’études AXIOM sur l’installation d’une liaison domestique. En effet, Moorea et les Iles Sous-le-Vent regroupent la plupart des grands hôtels et des industries situés hors de Tahiti et nécessitent donc, pour le développement de leurs activités économiques, un déploiement de TIC.

Et les archipels éloignés ?

Le développement d’autres liaisons domestiques câblées n’est pas envisagé actuellement dans les archipels éloignés, car l’OPT propose déjà des solutions de transmission par satellite en complément des solutions terrestres existantes (réseaux téléphoniques, réseaux radio).
La couverture haut débit des îles éloignées est assurée par le réseau satellite POLYSAT de l’OPT qui comprend la station principale de Tahiti (Papenoo) et des stations terriennes situées sur des îles reliées à la station principale par liaison satellite. Afin d’augmenter la capacité satellitaire de ce réseau domestique, l’Office met en place une nouvelle infrastructure moderne utilisant la technologie VSAT (Very Small Aperture Terminal) qui répondra également au besoin de raccordement des utilisateurs isolés (seuls ou en groupement) à l’Internet haut débit.

Schéma simplifié du nouveau réseau de transmission Polysat & VSAT

Le financement de HONOTUA
Pour financer cet investissement qui constitue un enjeu économique et social crucial pour la Polynésie française, le plan retenu prévoit :
• Un apport direct de l’OPT de : 2,200 milliards F cfp
• Une subvention du Pays de : 1,500 milliard F cfp,
• Divers emprunts pour un montant total de : 5,838 milliards F cfp.
D’autres sources de fi nancement ont été recherchées pour permettre d’alléger la participation de l’OPT (soit sur l’apport direct, soit sur la partie emprunt), et par conséquence, d’accélérer la rentabilité du projet. Il s’agit notamment du dispositif d’aide fi scale* à l’investissement outre-mer (« loi Girardin »).
* l’aide fi scale portera sur les investissements mobiliers installés dans la zone économique exclusive de la Polynésie française. La base éligible est estimée à environ 3,1 milliards de F cfp.

La technologie de la fibre optique

Une fibre optique est un fil en verre très fin qui a la propriété de conduire la lumière et sert dans les transmissions terrestres et océaniques de données.
Elle offre un débit d’informations quasi illimité par lequel peuvent transiter aussi bien la télévision, le téléphone, la visioconférence ou les données informatiques.
Cette fibre optique est protégée par des armatures métalliques et plastiques ; le tout formant un câble numérique.

Les câbles sous-marins sont mis en place par des navires câbliers.

Le câble sous-marin, par plusieurs aspects, offre des réponses particulièrement adaptées à la problématique de la Polynésie françaissse. Il permet une grande flexibilité du débit d’information. À l’installation, pour limiter l’investissement, il aura une capacité minimale (20 Gbit/s) en rapport avec les besoins initiaux.
Puis le débit sera augmenté jusqu’à 640 Gbit/s sur une paire de fibres, pour répondre à l’évolution de la demande.
La durée de vie économique d’un câble sous-marin est de 25 ans contre 15 ans pour un satellite. De plus la transmission par satellite, qui nécessite des antennes et des paraboles, est particulièrement sensible aux perturbations atmosphériques majeures et en particulier aux orages, aux cyclones et interférences électromagnétiques. Le câble, totalement insensible aux perturbations électromagnétiques et protégé dans les fonds sous-marins, permet d’assurer la permanence et la qualité des transmissions notamment internationales. La fibre optique fournit une qualité de transmission constante et parfaite des signaux, ce qui n’est pas le cas du signal satellite qui n’est pas « guidé » et est sensible aux conditions atmosphériques.
Le câble sous-marin, posé sur l’écorce terrestre, fournit une route plus courte que la route satellitaire ; il transmet le signal optique instantanément et sans déperdition.


Conduite articulée en fonte ductile
et ensouillage sur les platiers récifaux.

Les perspectives offertes par le haut débit

À la mise en service de Honotua, les débits disponibles seront multipliés par deux. L’OPT annonce d’ores et déjà des tarifs d’abonnements qui seront « 20 % » moins chers que ceux pratiqués aujourd’hui. L’objectif, à terme, est de fournir aux habitants de l’archipel des Iles de la Société (qui regroupe la majeure partie de la population) un accès à l’Internet haut débit avec les multiples applications possibles qui l’accompagnent : vidéoconférences haute défi nition, meilleure qualité des communications, télétravail, création de nouveaux services, etc. De nouveaux types de services seront possibles - téléenseignement, télémédecine, télétravail… - ces activités permettront l’avènement du nomadisme économique. Le partenariat entre entreprises, structures d’enseignement et de formation, laboratoires de recherches et structures de santé sera notamment facilité. Au niveau régional, la liaison avec Hawaii nous ouvre également les portes de projets de raccordements trans-Pacifi que et de nouveaux partenariats entre pays, institutions, entreprises, universités…

Hub et Sécurisation

La sécurisation de nos communications sera assurée dans un premier temps par nos capacités satellitaires, mais on peut également envisager la réalisation d’un autre câble vers l’Amérique du Sud, car les avantages économiques pour la Polynésie seraient multiples. Par ailleurs, le projet privé SPIN ( South Pacific Islands Network), un dispositif de câbles sous-marins composé de deux branches (une section de Nouméa à Auckland, qui parcourt 1 900 km, et une autre longue de 6 500 km, reliant Nouméa à Tahiti, en passant par plusieurs pays insulaires), permettrait également cette sécurisation. En cas d’indisponibilité du système international vers Hawaii, la Polynésie pourrait ainsi emprunter d’autres routes pour faire transiter ses communications. La Polynésie pourrait également servir de hub de transit et de secours des liens télécoms pour les autres pays du Pacifique n’ayant pas de solution câbles, notamment certains de ceux placés sur le chemin de « SPIN ». Par ailleurs, le volume des fl ux augmentant sans cesse, la Polynésie pourrait devenir un point de passage alternatif pour les opérateurs régionaux, permettant ainsi de dégager de nouveaux revenus pour notre système de transmission international.

Ouverture de l’audiovisuel

Avec l’installation d’une tête de réseaux audiovisuelle, Honotua permettra d’offrir des bouquets de chaînes de TV plus diversifi és, plus nombreux, totalement adaptés et de meilleure qualité, mais aussi des services de pay-per-view, ou télévision à péage dans lesquels des films, retransmissions sportives ou émissions sont multidiffusés et accessibles à la séance.

Honotua va redéfinir les moyens de communication avec le reste du monde et engager le Pays vers une démarche encore plus affirmée pour une société de l’information et de l’économie numérique.

Dominique Morvan

Nomadisme, la façon de travailler du XXI e siècle
Un professionnel nomade passe en moyenne 80 % de son temps de travail hors de son entreprise. Pour communiquer, exécuter l’ensemble de ses tâches, échanger des données avec son employeur, il dispose d’une panoplie d’appareils high-tech qui constituent son bureau nomade : le téléphone cellulaire, véritable station de travail mobile, qui en plus des fonctions standards d’un téléphone peut faire office d’appareil photo, de caméra vidéo, d’enregistreur... Le travailleur nomade peut également avoir accès à des fonctions bureautiques, à la consultation des mails et à la connexion Internet. L’ordinateur portable est la pièce maîtresse du travailleur nomade, il lui permet de bénéficier, lors de ses déplacements, des outils nécessaires pour travailler. Un PDA (assistant personnel numérique), petit ordinateur, peut aussi faire l’affaire, car il offre de nombreuses fonctionnalités et tient dans la poche. Une connexion Wi-Fi permettra de se connecter à Internet n’importe où en Polynésie.

Voir aussi le site: http://www.opt.pf/

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