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Economie
Pour une énergie plus responsableDixit 2008-2009
![]() Alors que le prix du pétrole n’a cessé de grimper ces dernières années, ce qui a eu pour effet immédiat une augmentation des coûts de tous les produits ; alors que la consommation d’électricité n’a cessé d’augmenter (+ 43 % en 10 ans), il devient urgent de réfléchir à notre capacité à être autonome en termes d’énergie. Nous avons incontestablement des atouts : le solaire, l’éolien, la biomasse, la houle ou l’énergie thermique de l’océan… Et il semblerait que la prise de conscience sur la nécessité d’économiser l’énergie commence, si on en juge les chiffres de la consommation sur Tahiti (voir encadré). ![]() 80, les années pionnièresLa réflexion sur l’autonomie énergétique a été engagée dès les années 80, avec notamment le programme Enersol pour l’énergie solaire, avec les aménagements hydroélectriques sur Papenoo, Vaite, Vaihiria, Faatautia et Titaaviri. On a pu connaître dans les années 90 jusqu’à 50 % de couverture des besoins énergétiques par l’hydro-électricité.Après quelques années plus sèches, et une augmentation de la population et de l’activité industrielle, nous ne couvrons plus que 25 % des besoins avec les aménagements hydroélectriques à Tahiti et aux Marquises. Ce sont essentiellement les îles et atolls les plus coupés de Tahiti qui ont su tirer bénéfice des avancées de la technologie en matière d’énergies renouvelables. Environ 1 300 fare des Tuamotu sont équipés de panneaux solaires, d’un réservoir d’eau de pluie ; quelques audacieux commencent même à s’équiper d’éoliennes (des programmes de défiscalisation encouragent cette démarche). Paradoxalement, les îles de la Société bien desservies par les réseaux EDT, ont pris du retard dans la course à l’autonomie. Évolution de la consommation d’électricité à Tahiti
• en 2006 : 475 millions de kWh • en 2007 : 495 millions de kWh soit 4,2 % • en 2008 : 365 millions de kWh à fin septembre contre 370 à la même période en 2007, soit -1,4 % Pétrole : Réduire la facture, réduire la pollution et être moins dépendant L’enjeu est de taille pour la Polynésie : réduire la facture énergétique pour la collectivité comme pour chaque citoyen, réduire la pollution (émission de gaz à effet de serre par les centrales électriques) et être moins dépendant de l’approvisionnement en pétrole. ![]() Prix du baril de pétrole en $ L’EDT, concessionnaire d’un service public, impliqué dans une réflexion de développement harmonieux (Charte de l’énergie électrique en PF, signée en octobre 1998), a lancé en 2008 deux actions fortes : une vaste campagne d’information destinée à aider ses clients domestiques (77 000 abonnés) à consommer plus intelligemment et, auprès des entreprises, la proposition d’un « audit d’efficacité énergétique ». Quelle que soit la cible, particuliers ou sociétés, l’idée est la même : trouver des gisements d’économie. 600 millions de Kwh par an
EDT, gestionnaire délégué du service public de l'électricité à Tahiti et dans 20 îles de la Polynésie française, dessert près de 77 000 clients qui consomment par an plus de 600 GWh (600 millions de Kwh). L'électricité produite est à 75%d'origine thermique et reste donc fortement dépendante des hydrocarbures. Énergies renouvelables et maisons bioclimatiques Dans un souci de respect des standards de sécurité internationaux, la société Marama Nui a engagé un vaste programme de réhabilitation et de modernisation des installations hydroélectriques existantes. Considéré comme le berceau de l'hydroélectricité à Tahiti, le barrage des plateaux de Hitia'a représente une puissance installée de 7,5 MW. La Polynésie couvre aujourd’hui 25 % de ses besoins énergétiques par l’hydro électricité, un nouveau projet devrait être lancé (centrale de Papeiha) dès que les problèmes liés notamment au foncier seront résolus. L’objectif affiché par les autorités est à l’horizon 2020 une couverture de 50 % des besoins du Pays par des énergies renouvelables. Pour l’heure, le solaire semble être l’énergie renouvelable la plus adaptée à nos îles. Les particuliers s’intéressent de plus en plus aux maisons bioclimatiques, peu gourmandes en électricité, agréablement ventilées et équipées de modules photovoltaïques. L’énergie solaire permet la production d’électricité et d’eau chaude : de 4 à 6 kWh thermiques arrivent tous les jours sur un seul mètre carré de surface de toiture. Bien sûr pour optimiser leur consommation électrique, les propriétaires d’une maison bioclimatique seront équipés de Lampes Basse Consommation (LBC). Et, comme le dit si bien la campagne de communication EDT : aucun appareil ne sera laissé en veille.
Les professionnels du Bâtiment, de l’architecte à la société de construction, ont leur rôle à jouer en travaillant sur la circulation d’air (Ventilation Thermique Verticale Naturelle), en favorisant la construction sur pilotis, en choisissant des matériaux isolants et des toitures de couleur claire. En effet, en pleine chaleur, une tôle claire affiche 51°C, contre 68°C pour une tôle foncée. Pour protéger la maison du soleil, le choix de son implantation est également primordial, tout comme la plantation de végétaux sur les côtés exposés au soleil. L’aventure de la centrale hybride solaire-diesel de Makatea Makatea est un petit atoll surélevé situé à 200 km au nord-est de Tahiti. Sa population est de à 90 habitants environ. Cet atoll ne comporte ni aérodrome, ni port. Son utilisation d’énergies renouvelables s’élève aujourd’hui à 70 %, contre 30 % pour Tahiti. Cette aventure ne s’est pas faite sans péripéties : le 19 avril 2000, EDT a réalisé l'électrification du village, alimenté par la première centrale hybride avec ses 130 panneaux solaires et son groupe électrogène. Malheureusement, le 8 février 2004, un incendie détruit la centrale. Trois jours plus tard, une centrale provisoire est mise en place pour alimenter les 32 clients. Le 2 septembre 2005, Makatea est alimentée par une nouvelle centrale hybride. 300 panneaux photovoltaïques alimentent une batterie qui, grâce à un onduleur, fournit l’énergie électrique en 220/380 V aux clients du réseau. Un groupe électrogène fournit l’appoint d’énergie si la production solaire est insuffisante. Cette nouvelle centrale hybride solairediesel apporte des résultats conformes aux prévisions. Le systèmes est adapté à l’éloignement du site et est très respectueux de l’environnement de par sa réduction de 75 % de la consommation de gazole ainsi que sa non-nuisance sonore. Elle illustre la réussite du partenariat entre le privé (EDT et Electra) et le public. En effet l'Etat a apporté une partie du financement (ADEME, défiscalisation) et le gouvernement a participé dans ce projet en rétrocédant le terrain du Pays à la commune associée de Rangiroa, mis à disposition dans le cadre de la concession d’électricité. Malgré ces aides, le coût du kWh produit par cette centrale solaire/diesel reste très élevé, plus de 3 fois le prix de l'électricité payé par les clients de Makatea, tous équipés de compteurs à prépaiement. Mais rappelons que ce prix est pénalisé par les mécanismes d’amortissements, de renouvellement et de caducité de la centrale ; exonéré de ces coûts, le prix du solaire est certainement « rentable » par rapport à la solution gasoil seule.
Éolien, où en est-on ?![]() Les projets d’éoliennes se multiplient, le couplage éolienne/diesel/batterie offrant des perspectives nouvelles. EDT a installé des mâts de mesure du vent dans plusieurs sites propices à Tahiti, aux Australes, aux Tuamotu, aux Marquises, et aux Iles Sous-le-Vent. Cependant, la concrétisation des investissements dépendra de critères tels que : l'évaluation du productible éolien, la disponibilité du foncier, le soutien des autorités locales et des riverains, les opportunités techniques et environnementales, l’adéquation aux besoins des consommateurs et l’impact économique. Être vraiment éco-citoyen
« Je roule depuis près de trois ans avec du méthyl ester produit avec des huiles de friture dont les restaurateurs ont du mal à se débarrasser et ça marche très bien, à 100 %, sans modifier le véhicule. J’ai trois véhicules qui n’ont jamais mis les pieds dans une station conventionnelle » témoigne Nicolas Laugeon de Technopro. Le méthyl ester peut être fabriqué également à partir d’huile végétale de noix de coco… un entrepreneur polynésien entendra-t-il le message ? Nicolas commercialise depuis près de deux ans un produit qui consiste à reconditionner un moteur sans le démonter. Un vieux moteur peut alors reprendre sa compression d’origine, il pollue moins, et par conséquent consomme moins. « La société d’aujourd’hui veut qu’on consomme et donc qu’on achete du jetable, y compris les voitures. Cela n’est pas du tout une éco-attitude ». l Nicolas Laugeon, Technopro : 71 43 98 Une centrale houlomotrice à PaparaLa construction d’une centrale houlomotrice a reçu l’autorisation gouvernementale d’aménagement et d’exploitation. Le projet réalisé par la SEDEP (Société d’études et de développement polynésienne) sera exploité par la société Ito Are. La centrale devrait avoir une capacité de 500 kilowatts,
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